Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Oui sur l'accord proposé par le MEDEF et signé par la CFDT, la CFTC et la CGC. François Hollande l'avait appelé de ses voeux pour "sécuriser l'emploi". Et donc, lui et Michel Sapin, son ministre du chômage et de la précarité, ne pouvaient que se féliciter d'une signature "historique" entre "partenaires sociaux".

 

Or, parlons clair, les signatures CFDT-CFTC-CGC vont-elles réduire le fléau du chômage qui asphyxie notre société? Les mêmes syndicats vont-ils pérenniser l'emploi des salariés et donc aller vers le progrès social? Non et pire, l'accord va faciliter les licenciements. Quelques exemples en décortiquant la langue de bois des signataires:

 

L’article 18 parle des « accords de maintien dans l’emploi ».

En fait, le Medef a obtenu l’aval des 3 syndicats pour pratiquer un chantage : accepter de baisser le salaire et de moduler le temps de travail contre une éventuelle promesse de ne pas licencier. Et si un salarié n’est pas content avec l’accord patronat-syndicats conclu dans l’entreprise sur cette base, qu'il aille se faire voir ailleurs. Et s'il n'est pas toujours content, il y a les Prud'hommes où il faudra banquer 35 euros, sans compter les frais d'un défenseur, pour justement pouvoir se défendre. La version 21e siècle du pot de fer et du pot de terre de Jean de La Fontaine...

L’article 7 évoque la « création d’un droit à une période de mobilité volontaire sécurisée », En effet, les syndicats signataires pensent aux salariés qui veulent changer d'emploi. Et pas aux chômeurs et aux précaires qui voudraient plutôt trouver du boulot? Ainsi donc, avec une « période de mobilité volontaire sécurisée », l'exploité peut aller chercher ailleurs une autre forme d'exploitation. Attention durant sa recherche, pas de salaire puisqu'il ne contribue pas aux profits de l'entreprise. Et s'il vient à revenir, son emploi, ou un autre "équivalent" lui serait réservé. S'il n'est pas content de "l'équivalent", il y a les Prudhommes (voir ci-dessus)


Les articles suivants autorisent plus facilement les licenciements, sans aucun accord d'embauche: Chômeurs, précaires, sans doute un turbin d'avenir...


L’article 20 autorise le "circulez, il n'y a plus rien à voir". En effet, un plan de licenciements d’au moins 10 personnes dans une entreprise de plus de 50 salariés doit se dérouler dans un temps record de façon que la procédure ne traîne pas.

L’article 22 va « expérimenter » un contrat de travail intermittent sur des « emplois permanents comportant, par nature, une alternance de périodes de travail et de non travail. »

L’article 23 intervient dans l’ordre des licenciements, pour introduire une distorsion dans l’ancienneté : la notion de privilège accordé à la compétence professionnelle, au choix de la direction d’entreprise.

L’article 25 contourne les tribunaux prud’homaux par l’établissement d’un barème forfaitaire pour les indemnités de licenciement. Les signataires modifient donc à la baisse le Code du travail. Ils dénomment ça  « faciliter la conciliation prud’homale ». Il s’agit de substituer aux tribunaux le présent accord. Une telle méthode permet de mettre au rencart toutes les juridictions, par simple accord, sauf le tribunal de commerce, au service du seul patronat.

L’article 26 raccourcit considérablement le délai de prescription du recours devant les Prud'hommes.

Enfin, le Medef a obtenu de la CFDT une clause générale de confidentialité en matière d’information des instances représentatives du personnel. L'accord détermine et encadre le contenu des informations à leur fournir. Surtout, il impose la stricte confidentialité sur le peu de grain à moudre que le patron cédera.

Allez, tous ensemble, tous ensemble, merci Qui?

 

Bon, comme c'est un "accord historique", je vous en propose l'illustration suivante et le papier cadeau pour l'emballer pourrait être ledit accord:

 

etron

Commenter cet article

Christophe 13/01/2013 16:09

Qui disait: "Le syndicalisme c'est comme du mercurochrome sur une jambe de bois" ?

Le Mantois et Partout ailleurs 13/01/2013 16:59



Les syndicats réformistes, au cours de leur histoire, n'ont jamais été prodigues d'avancées sociales. Cela fut vrai hier, c'est aussi la réalité aujourd'hui. Vouloir humaniser le capitalisme au
lieu de le combattre, oui, c'est cela mettre du mercurochrome sur une jambe de bois.