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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

    bateau019

        Ou la galère de la mort et de la honte, pour le profit maximum!

    Le naufrage du gigantesque navire de croisière a mis en évidence les coupables lacunes de la compagnie maritime en matière de sécurité: pas d'exercice réalisé avant le départ, aucune autorité pour diriger la montée dans les chaloupes, matériel de sauvetage souvent défaillant, problèmes criants de communication entre les passagers et l'équipage et manque de formation de ce dernier.

     Économiser sur le coût de la main-d'oeuvre à bord et sur l'entretien du matériel de sauvetage, une constante pour accueillir un maximum de clients avec des tarifs défiant toute concurrence, tout en engrangeant du profit. En 30 ans, le marché de la croisière a augmenté de 400% et son coût social régressé de pratiquement  40%.

     Costa Croisières n'a communiqué ni sur les rémunérations de l'équipage ni sur leurs contrats de travail. tout juste sait-on qu'elle possède des centres de formation nichées aux Phillippines, en Inde, en Indonésie et même au Pérou, états reconnus pour fournir de la chair humaine à bon marché, en bossant comme des dingues pour que survivent les familles restés au pays.

     Ainsi, les 2/3 d'un équipage (ceux qui distraient ou servent les passagers) émargent à 600 euros par mois. Un matelot philippin en machine perçoit 1 400 euros par mois, un marin sous statut français 1 650 euros; or le premier trime 12 à 14h par jour sans congé payé, le second 8h avec tous les droits d'une Convention collective nationale.

     Véronique Aubert, de l'Observatoire des droits des marins, fait observer que les armateurs écourtent au maximum les escales afin de moins payer de droits de port. De ce fait, les navires sont toujours en état de marche, la logique économique primant sur l'humain.

 

     Or, première dans l'histoire sociale au niveau de la planète, la remise à plat des différentes conventions maritimes datant pour la plupart de 1920. Des négociations ont abouti entre l'Organisation internationale du travail (OIT), la Fédération internationale des ouvriers du transport maritime (ITF) et les états, sous l'égide de l'Assemblée générale de l'ONU.

     Sauf que la France, I'Italie et d'autres pays influents dans le commerce maritime ne sont pas entrés dans ce processus de ratification par leurs parlements respectifs. La France a même avalisé le principe de discrimination entre personnel européen et non-européens sous pavillon français.

 

     Vive le dumping social et vogue donc la galère!

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