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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

     Claude Guéant, expert en civilisation et donc aussi en immigration (c'est d'ailleurs à ce poste que Nicolas Sarkozy l'a nommé) fait du chiffre dans les reconduites à la frontière. Du moins laisse-t-il toute latitude à son administration pour le faire. Et le ministère de l'intérieur ne stoppe pas son ire envers les étrangers comme ça. Il doit lui falloir des ordres descendant de l'Elysée pour cela. Et sur ce sujet, ce n'est pas non plus le genre du palais. Hier, les Kadhafi, les Ben Ali, ou d'autres dans le genre dictateur, aujourd'hui le calife de Roumanie (par exemple) ou le Qatar du PSG, cela ça passe. Mais le menu peuple déshérité, ce galeux depuis toujours, il faut que ça casse.

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     Voici donc l'histoire édifiante de la vindicte gouvernementale exercée contre la famille Emini, telle que nous la raconte Anna Sazac, vice-présidente du MRAP de Troyes:

     "Monsieur EMINI Idriz, son épouse Mizafere, tous deux albanais de nationalité serbe et leur deux enfants, Emir âgé de 6 ans et Ezra âgée de 4 ans, ont subi pour la quatrième fois depuis juillet 2011 l'enfermement en centre de rétention au Mesnil Amelot (à proximité de l’aéroport de Roissy) et à Metz sur décision du Préfet de l’Aube.

      Cette famille est arrivée en France début 2009. Leur demande d’asile a été rejetée par l’OFPRA, le 2 juillet 2009, décision confirmée par la cour nationale du droit d’asile (CNDA) le 19 février 2010. Leur demande de réexamen a rejetée par l’OFPRA le 6 août 2010, décision qui vient d’être confirmée par la CNDA.

      Le Préfet de l’Aube a pris à leur encontre un arrêté leur refusant l’autorisation de séjour et les obligeant à quitter le territoire le 29 novembre 2010. Il en a demandé l’exécution le 27 juillet 2011. La police a procédé à l’arrestation de Madame et des deux enfants (monsieur était absent) au foyer Adoma et ils ont été conduits au centre de rétention de Metz. Trois jours plus tard, le juge des libertés a rejeté la demande du préfet tendant à la prolongation de la rétention administrative et ordonné la mise en liberté immédiate de madame Emini (la procédure était irrégulière, madame n’avait pas bénéficié d’un interprète dans sa langue au commissariat de Troyes).

      Libre, Madame Emini est rentrée à Troyes, (le prix du train à sa charge) mais le préfet de l’Aube a immédiatement pris un arrêté l’assignant à résidence et l’obligeant à pointer tous les jours au commissariat de Troyes. D’autre part, ayant perdu sa chambre au foyer ADOMA, elle se retrouve à la rue avec les enfants.

      L’hébergement de cette famille a été assuré par le dispositif d’urgence (le 115). Les responsables ont fait tout ce qui était possible pour trouver un hébergement pour l’ensemble de la famille mais cela n’a pas toujours été possible. Les enfants n’ont pu être scolarisés. Désemparés, désespérés, monsieur et madame Emini ont quitté le département, espérant trouver ailleurs une solution persuadés que fin 2011, ils pourraient déposer une demande d’autorisation de séjour à la préfecture.

      Le 29 septembre 2011, ils se rendent à nouveau à la préfecture de l’Aube pour demander des renseignements et ont été arrêtés dans les locaux de la préfecture. Toute la famille est conduite au centre de rétention au Mesnil-Amelot cette fois. Le tribunal administratif a annulé cette mesure le 3 octobre 2011 et la famille a été libérée une nouvelle fois. Il sont rentrés à Troyes avec l’aide du Réseau éducation sans frontières de Seine-et-Marne. Le 115 leur a trouvé un hébergement en foyer. Les enfants ont pu reprendre le chemin de l’école. Mais le 31 janvier 2012, la police débarquait à 6h30 du matin dans le foyer où la famille était hébergée. La préfecture de l'Aube leur a notifié une nouvelle Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et les a placés, enfants compris, au LRA (Local de rétention administrative) du commissariat de Troyes, un lieu où l'enfermement des enfants est normalement interdit, avant leur transfert au Mesnil-Amelot. Le Tribunal administratif de Melun les a une nouvelle fois libérés le 3 février. Ils sont à rentrés à Troyes avec l’aide de Réseau éducation sans frontières de Seine-et-Marne. Ils ont retrouvé leur place au foyer

Mais, 18 jours plus tard, le 21 février, la police venait les arrêter une fois de plus au foyer. Conduits à Roissy,  ils ont refusé d'embarquer. La famille a été transférée au centre de rétention  de Metz.

      Le Président du tribunal administratif de Strasbourg a annulé, le 23 février, le Placement en Rétention Administrative de la famille EMINI. La décision n’est pas encore notifiée, mais il semblerait que le fondement retenu soit la violation de l’article 3.1 de la Convention sur les droits de l’enfant et la violation de l’art 3 (traitements inhumains et dégradants) à l’égard des enfants. 


      Une nouvelle fois, la famille a été libérée. Le Réseau éducation sans frontière de Metz et d’autres apportent leur aide pour trouver un hébergement et scolariser les enfants

 

      Quand arrêtera-t-on de traumatiser cette famille et de les balader de CRA en CRA, l'OFPRA ayant refusé de prendre en compte les situations dramatiques qu'ils ont vécues en Serbie?

      Il faut mettre un coup d'arrêt à l'acharnement de la préfecture de l'Aube et faire régulariser cette famille particulièrement traumatisée dont les deux enfants qui, bien que très perturbés, demandent à retourner à l’école."

 

 

     Ah, cette France aux origines très chrétiennes, cette France de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, le gouvernement des riches et ses séides ont dépassé tout ça. Il faut faire du chiffre, un point c'est tout! A en vomir après un banquet au Fouquet's?

 

 

 

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