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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La chronique pertinente de Daniel Schneidermann sur l'émission tenue par Michel Denizot, le soir, sur Canal plus:

 

 

Tiens, des têtes inconnues chez Denisot. Tiens, pour une fois ce n’est pas Dati ou Copé. Un dixième de seconde, on est désarçonné. Retrouver Dati ou Copé chez Denisot, c’est comme enfiler ses pantoufles en rentrant à la maison. Evidemment, ça manque d’imprévu, mais c’est confortable. Et l’on n’a jamais envie de rompre une habitude confortable.

Un dixième de seconde, et puis on se glisse dans les nouvelles pantoufles inconnues. Un syndicaliste, une chômeuse, une patronne de PME : il s’agit d’illustrer « le chiffre du jour », les trois millions de chômeurs. 

La patronne : « Une bac+5, ça m’intéresse »

La partie s’engage. La patronne engagerait bien la chômeuse, là, tout de suite, sur le plateau, si seulement elle voulait bien sortir de sa spécialité (la chômeuse est DRH). Elle pourrait bien (la patronne) confier des tâches palpitantes à la chômeuse, vraiment motivantes, car « moi, une bac+5, ça m’intéresse », si seulement elle n’était pas (la chômeuse) bêtement bloquée sur sa vocation de DRH.

Denisot : « Vous dites que les chômeurs ne veulent pas travailler ? » La patronne, prudente : « Non non, je ne dis pas ça. Je dis que les chômeurs qui viennent chez moi et veulent travailler sont tous embauchés. »

Le syndicaliste défend les camarades de Pôle emploi, qui font ce qu’ils peuvent. La chômeuse DRH défend sa vocation. Bref, la rencontre fonctionne.

« Le Grand Journal », Canal+, 26 septembre 2012

Denisot : « Aucun ministre n’a voulu venir »

Des caractères se révèlent, des logiques s’affirment, des discours se précisent, des discours pas (trop) formatés, pas (trop) préparés, une vraie tranche de réel, on s’en veut du dixième de seconde de désagrément du début, on se trouve nul, on se dit que ça devrait toujours être ainsi, chez Denisot, et ailleurs, que ça devrait oser sortir des têtes connues et de leurs discours formatés, nous faire partir à la rencontre des « vraigens », sur le terrain, loin des caméras, avec leur lot de surprises.

On serait prêt à remercier Denisot d’avoir osé sortir des rails, pour une fois, quand Denisot en remerciant ses invités, lâche une info : « Aucun ministre n’a voulu venir ce soir sur notre plateau. » Ah bon ? Ce n’était que cela, le trio, un bouche-trou ?

De toutes manières, il est temps d’interrompre. C’est l’heure de la chronique d’Aphatie. Qui va parler, devinez de quoi ? Du livre de Copé. Finie l’échappée, retour dans les pantoufles.

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