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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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  Le fichier des gens honnêtes a été adopté à l’Assemblée Nationale, dans une indifférence quasi-générale. Un fichier risqué, sans réelle utilité, à part celle d’engraisser quelques firmes françaises.


  Le but de ce fichier est officiellement de lutter contre l’usurpation d’identité et la fabrication de faux documents. Infractions pourtant en baisse de près de 25 % en 5 ans selon les chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, et loin de constituer une priorité pour les Français. De plus, le fichage biométrique n’est pas une réponse fiable, comme l’a révélé récemment Le Parisien à propos des passeports biométriques. Si le passeport est lui-même très dur à falsifier, les documents pour l’obtenir sont simples à truquer, donc de nombreux vrais-faux passeports biométriques seraient en circulation.

  L’autre réel problème avec ce fichier concerne plus la protection des libertés individuelles. Virginie Klès, rapporteur (PS) du texte de loi au Sénat, en disait : “je ne sais pas si les gens se rendent compte, ou bien si c’est parce que le gouvernement profite du brouhaha autour de la perte du triple A et des échéances présidentielles pour faire passer cette proposition de loi, mais c’est très très dangereux, on crée là quelque chose de très liberticide, et sans raison valable”.

   Oui, car ce fichier permet de croiser les données notamment avec celles de vidéo-surveillance, ouvrant la voie à des possibilités de reconnaissance faciale et de localisation quasi-permanente de tou-te-s les citoyen-ne-s. Braves gens, souriez donc, vous êtes filmés et fichés.

  Enfin, la droite en légiférant ainsi donne du grain à moudre à un lobby industriel derrière cette décision. La sénatrice communiste Eliane Assassi l'a pointé en séance : "Comment ignorer (…) que le passage au biométrique est une formidable opportunité de créer un marché lucratif pour les quelques entreprises spécialisées dans ce domaine ?". En effet, Morpho, ex Sagem Sécurité et filiale de Safran, et d'autres qui sont déjà derrière les passeports biométriques.

 

     Cette loi liberticide devrait faire l'objet d'un recours devant le Conseil constitutionnel. En attendant, une pétition "En 2012, sauvons la vie privée. Pour un véritable droit d'opposition à l'information de nos données personnelles", soutenue par 33 organisations, se met en place, forte déjà de milliers de signatures.

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