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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

nuage-d-orage-sur-les-champs-de-montana

  Une petite analyse de ma pomme:

  La 5e République est usée jusqu'à la corde et les deux partis ultra-dominants (l'Ump et le Ps) s'en contentent pour se partager le pouvoir et ses prébendes. Il ne faut surtout rien entendre d'eux pour changer de constitution. D'un autre côté, même si une 6e République démocratique et sociale est nécessaire, la proclamer, sans ancrer cette urgence parmi les classes populaires, est une bataille perdue.

 

  Oui, car les couches populaires (ouvriers et employés), soit 53% de la population et les petites couches moyennes (24%), n'écoutent plus ceux qu'elles considèrent comme des élites, pour n'être pas de leur mal-vie. Et comment ne pas les comprendre quand dans la dernière Assemblée nationale: aucun ouvrier député et 1% d'employés. Dès lors, si les couches populaires sont venus voter massivement pour virer Sarkozy de l'Elysée, à près de 43%  (et bien plus dans les cités populaires) elles se sont abstenues au premier tour des législatives (contre 35% en 2002 et 39% en 2007). Il est à noter aussi que la droite compte beaucoup de soutiens parmi le peuple malgré la politique menée par Sarkozy, les nantis (ceux qui profitent de la crise) étant minoritaires en France. Les bruns marine, s'ils ne percent pas dans les quartiers populaires, progressent dans les zones périphériques des villes, dénommées à tort zones rurales, comme pour dire que les campagnes adhéreraient majoritairement aux thèses du Fn. En fait, ce sont des ménages ouvriers, employées plus aisés et les couches moyennes, qui se sont installés là pour faire construire à moindre frais (sic), mais aussi loin de tout et des services publics, éloignés également des discours politiques oeuvrant pour un réel changement de société.

 

  Le gouvernement réformiste de François Hollande et de ses satellites devrait avoir la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Le Front de gauche va compter pour peu: 11 présents pour le deuxième tour, un 12e se présentant malgré être arrivé derrière le candidat du Ps. C'est donc un affrontement droite-réformisme qui va perdurer dans ce clos qui ne représente plus le peuple dans son quotidien, comme dans ses opinions. Et dans ce cadre-là, les députés se réclamant du Pcf seront encore plus minoritaires.

 

  François Hollande saura-t-il maintenir un autre cap que celui qu'avait tenu ses camarades en Espagne, au Portugal et bien pire en Grèce? La crise capitaliste poursuit sa route dévastatrice. Les milliards d'argent public déversés dans les coffres des banques privées, non contents de ne rien régler, sont des facteurs d'augmentations exponentielles des dettes publiques. Et comme le gouvernement Hollande veut réduire (à tout prix) la dette de la France, à moins d'un budget de rigueur... Pour rappel, les derniers traités européenns, qui alourdissent le fardeau supporté, ont été votés au Parlement Européen par les socialistes, les verts et la droite... Il est aussi bon de rappeler que la dette d'un état n'est pas qu'il dépense trop, mais qu'elle provient du transfert de la dette des banques privées à but lucratifs pour actionnaires dans les finances publiques. Les 100 milliards d'euros publics n'ont pas été accordés dernièrement pour le peuple espagnol mais bien aux banques privées d'Espagne (la 4e puissane économique dans l'Ue). Demain à qui le tour, après l'Irlande, la Grèce et le Portugal? Et après le 17 juin, à quelle sauce serons-nous mangés?

 

  Si nous pensons, de notre seule verve, convaincre le gouvernement de changer de politique, la descente aux enfers sera rapide. Et plus encore, si on lorgne sur quelque strapontin dans le conseil des ministres.

  Alors demain sera toujours comme hier.

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