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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

 

     Le journal l'Humanité informe de la menace de licenciement pesant sur deux syndicalistes d'Ikéa, à Thiais. Ils avaient notamment témoigné dans l'Huma de vendredi par rapport à l'affaire nationale d'espionnage qui avait cours chez Ikéa et sur laquelle la Justice enquête.

     Patatras, les deux militants syndicaux (l'un de la CGT, l'autre de FO) sont convoqués à un entretien préalable à leur licenciement. Dans un pays où le syndicalisme est légalisé depuis 1884 et où, depuis 1968, les sections syndicales ont droit de cité dans toutes les entreprises. J'en entends, trop souvent, ricaner sur le peu de syndiqués que compte la patrie des droits de l'Homme et donc sur la trop forte représentativité accordée à tort aux dits syndicats français. Premièrement, qu'ils se syndiquent eux-même et ensuite pourront-ils causer d'une chose qu'ils méconnaissent totalement. Deuxièmement, s'ils sont si démocrates que ça, qu'ils prennent leur plume et dénoncent, toutes les fois, les atteintes au droit syndical, comme la crainte à se syndiquer par un salarié de perdre son emploi dans la société française policée à l'extrême. Et ce logo de la République française, pour leur rappeler trois valeurs qu'ils ont oubliées de leur vocabulaire:

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     L'article de l'Humanité.fr:

     Tariq et Benamar sont des militants syndicaux FO et CGT actifs au sein du magasin Ikea de Thiais (Val de Marne). Ils ont notamment témoigné dans l’Humanité vendredi, suite à l’affaire nationale d’espionnage.  La direction les menace de licenciement.

     Aujourd’hui, Tariq, trente et un ans, délégué syndical FO, employé à l’espace « bonnes affaires », trésorier de l’ « association de défense des victimes d’Ikea » et Benamar Mokkedem, quarante neuf ans, délégué syndical et du personnel, élu CGT au CE, employé au restaurant, ont été convoqués respectivement les 9 et 10 mars par la direction du magasin franchisé IKEA de Thiais (Val de Marne). Ils ont dû y répondre d’absences injustifiées  et d’abus d’heures de délégation syndicale, ce que les deux délégués syndicaux contestent vivement, preuves à l’appui. Tariq est également accusé d’« insubordination. » La direction les menace de sanctions pouvant aller jusqu’au licenciement.

     Harcèlement et espionnage

     Ces convocations surviennent curieusement après qu’ils ont témoigné dans notre édition du vendredi 9 mars. Ils y dénonçaient les licenciements, les démissions douteuses et la pression constante de la hiérarchie visant clairement à empêcher toute organisation collective des employés et établissaient un lien entre ce harcèlement et le récent scandale d’espionnage – le Canard enchainé (éditions du 29/02 et du 7/03) a en effet révélé  comment l’enseigne suédoise, par l’intermédiaire d’officines de sécurité privées, a espionné ses employés et ses clients, accédant illégalement à des fichiers normalement  réservés aux forces de l’ordre, tels que le STIC (Système de Traitement des Infraction Constatées) ou la base de données des cartes grises.

     Chasse aux syndicats

     La coïncidence entre ces prétendues fautes et les témoignages des deux délégués dans nos colonnes est pour le moins troublante. Il semble que chez Ikea, pour reprendre les mots de Tariq, « la chasse aux syndicats [soit] officiellement ouverte. »  Tariq et Benamar ont annoncé leur intention d’informer la presse et de contacter l’Inspection du Travail.

 

     Un dossier plus complet sera édité par l'Huma papier de ce lundi 12 mars 2012.

 

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