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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

     C'est toujours au sujet de la Hongrie, état membre de cette Union européenne dont vous me semblez si fiers, pays qui sombre dans la dictature.

     En effet, mesdames et messieurs qui gouvernaient l'Europe, la Hongrie ne répond plus aux critères d'un État de droit: non-respect des décisions du Conseil constitutionnel; limogeage du président de la Cour suprême au profit d'un allié à la famille du Viktor Orban, le premier ministre; nomination, pour une durée de 9 à 12 ans, de séides du parti ultra nationaliste au pouvoir dans les ministères de l'économie, de la justice de la police et de l'armée.

     Les médias sont muselés, les Roms (8% de la population) mis au ban de la société. La presse aux ordres, pour fustiger les opposants, fait constamment référence à leur soi-disant judéité. Pire, à la tête du plus grand théâtre de Budapest, un commis ouvertement antisémite, lequel envisage de "réaménager" l'exposition sur l'extermination des 600 000 juifs Hongrois, durant la Deuxième Guerre mondiale, massacre intervenu à Auschwitz et voulu par l'amiral Horty, allié de Hitler. A la télé d'Etat, un nouveau directeur, ancien attaché de presse du Jobbik, parti d'extrême-droite anti Roms et anti sémite qui a 47 députés au Parlement.

     La grève est rendue quasiment impossible dans le secteur privé. Dans les administrations, au moindre débrayage, tout le personnel est licencié du directeur au simple concierge.

     Lundi dernier, pour la première fois, 70 000 personnes ont manifesté à Budapest, contre cette dictature qui ne dit pas son nom, chiffre qu'il faut rapporter à un petit pays de 9, 9 millions d'habitants. Pour l'heure, pas de quoi émouvoir VicKtor Orban, qui reste toujours vice-président du PPE, groupe politique européen auquel adhère l'UMP et la CDU de Merkel.

     Allô, Bruxelles, Paris, Berlin, je ne vous entends toujours pas!

 

     Ah, on me dit que Nicolas Sarkozy ira célébrer dimanche prochain, l'anniversaire de la naissance de Michel Debré.

    Petit rappel: Outre qu'il est l'un des pères de la constitution anti-démocratique scellant les fondements de notre Vème République, Michel Debré fut aussi le premier des premiers ministres de de Gaulle. Partisan avoué de l'Algérie Française, il quitte pour un temps les affaires de l'Etat. Député de droite de la Réunion, avec l'appui du gouvernement, il fait expurger de l'île, dans les années 1960, des milliers de Réunionnais vers la métropole, sous le prétexte que la démographie îlienne est menacée. De la même manière, il arrache à leurs familles 1 600 enfants, entre 1963 et 1982, pour repeupler certains départements métropolitains en cours de désertification, comme la Creuse.

     Évidemment, on ne peut pas célébrer à la fois Michel Debré et écrire un courrier d'indignation à Viktor Orban.

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dj 08/01/2012 17:58

merci pour le courage dont vous faites preuve pour dénoncer et mettre en exergue, cette boue qui submerge l'europe
continuez