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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

   La Pac, c'est la politique agricole commune qui subventionne les agriculteurs au niveau de l'UE. Bon, je ne vous apprends pas que, chez nous, cette catégorie accorde majoritairement ses suffrages à la droite et chérit aussi le syndicat patronal qu'est la Fnsea. On pourrait donc croire que, fort de ses soutiens, le monde agricole français profite de la Pac, cette manne financière de 11 milliards d'euros chaque année. Ce n'est pas rien, vu les 44 milliards d'euros prêtés eux à la Grèce...

 

  Alors, à qui profite cette corne d'abondance, financée toutefois par tous les Européens et jamais prise dans les poches du capital? Au petit paysan qui s'échine à ne plus en finir chaque jour que Dieu fait? A un jeune bardé de diplômes es agriculture qui veut s'installer pour cultiver la terre? A quelques exploitations familiales endettées jusqu'au cou?

  Le ministère de l'Agriculture publie tous les ans la liste des bénéficiaires de la Pac. Bonjour la transparence sur son site, comme à vouloir que le citoyen ne retrouve rien. Heureusement, la presse spécialisée en agriculture et en économie informe plus en avant. Ainsi, par exemple, 4 500 exploitations ont récolté plus de 100 000 euros, tandis que 304 000 autres se contentent de 22 300 euros en moyenne. Bien entendu, ces médias de la pensée unique ne poussent pas l'audace à crier à l'injustice: les gros sont confortés et les petits toujours lésés, mais c'est cela la politique soutenue par la Fnsea, la droite et la presse spécialisée.

  En parlant de gros, il ne faut pas y voir que les céréaliers: le volailler industriel Doux, spécialiste du poulet en batterie, est le premier bénéficiaire de la Pac, avec 55 millions d'euros pour son seul portefeuille. Et les exploitants à titre individuel, me direz-vous? Là, la Cour européenne de justice a tranché: au titre "du respect de la vie privée", aucun de cette espèce ne figure plus dans la liste fournie par le ministère. Oui, pour la concurrence libre et non faussée, il vaut mieux la plus grande discrétion...

 

  Mais peut-être aurai-je dû intituler mon article "Pour qui sonne le glas?"

  Enfin, non, ils ont l'air bien content nos braves paysans gaulois: ils votent pour les partis droitiers et font confiance à la Fnsea. Sans parler du désastre écologique et social qu'ils fabriquent, chaque jour que Dieu fait... Oui, pourquoi changer une équipe qui gagne?

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