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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Clémentine Autain a initié le Manifeste des 313 pour interpeller les pouvoirs publics et libérer la parole des femmes violées.

 

En France, un viol a lieu toutes les 8 minutes et seulement 1% de ces crimes sont jugés au pénal.  Sur 75 000 femmes violées, 80% ne portent pas plainte. En cause, l'énorme suspicion de la société à l'égard de ce crime, d'autant plus que la sexualité reste un tabou dans notre pays quelque peu claquemuré par le poids de la religion, de toutes les religions. De ce fait, les femmes ont le plus grand mal à parler de leur viol. "Surtout pour celles qui affrontent un procès, la parole du violeur prime souvent sur celle de la victime", affirme Clémentine Autain. Quant à la moyenne établie sur les procédures, elle dépasse les 5 ans.

De plus, on prétend que le viol est généralement commis la nuit, par un inconnu armé qui agresserait une femme frivole. Or les statistiques démontrent une autre réalité: le viol se passe entre amis, dans le cercle familial, par un patron, là où les liens sont forts. Oui, le chantage affectif et économique est l'arme principale de ces violeurs.

 

Le médecin urgentiste Patrick Pelloux a proposé en juillet au gouvernement de débuter une concertation pour améliorer la prise en charge de la femme violée entre la santé, la police et la justice. Aucune réponse de la ministre de la Santé comme de celle des Droits des femmes. Pourtant, le médecin ne proposait pas la lune. Si une victime d'un viol se présentait aux urgences, le dépôt de plainte et l'interrogatoire se feraient dans ce lieu médicalisé en présence d'un avocat; ainsi les prélèvements, la prise en charge médicale, psychologique et sociale seraient dynamiques, et le remboursement à 100% par la Sécu serait honoré par le ou les criminels. Tout en effectuant ensuite des auditions dans des procédures rapides.

 

Clémentine Autain et 313 femmes revendiquent des moyens qui ne sont pas mobilisés par les politiques. Il faut une "loi cadre sur les violences pour ajuster la loi sur le plan juridique, [...] pour déployer des moyens humains, financiers, pour faire tout ce travail d'accompagnement de ceux qui ont à faire à des victimes de viols et pour mener le travail indispensable de pédagogie et d'éducation populaire", revendique leur Manifeste.

 

Ces 313 femmes ont raison.

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