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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le 30 janvier 1933, le vieux maréchal Hindenburg, 86 ans, président de la République, confie à Adolf Hitler de diriger le gouvernement: la bête immonde vient de sortir en plein jour.


Autrichien de naissance, il s'est engagé comme volontaire dans l'armée du Kaiser, lorsque débute la Première Guerre mondiale. Il était déjà à Munich depuis 1913, pour ne pas avoir à faire son service militaire au sein de l'empire d'Autriche-Hongrie, régime pluri-ethnique qu'il exècre. Blessé en octobre 1918, il est soigné dans un hôpital militaire en Bavière.

A cette époque, l'Allemagne est sur le point de capituler, la révolution a gagné Berlin où se sont formés des conseils d'ouvriers et de soldats et la marine s'est mutinée. Guillaume II ayant abdiqué et s'étant enfui aux Pays-Bas, Le socialiste Philip Scheidemann proclame la république et signe l'armistice, le 11 novembre. C'est depuis son lit d'hôpital militaire qu'Hitler apprend toutes ses nouvelles.

C'est pour lui le "coup de poignard dans le dos", mythe créé par la caste militaire auquel il adhère: L'Allemagne a été vaincue de l'intérieur par la gauche et les juifs. Et toute sa vie, celui qui fonde, en février 1920, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), à partir d'un petit groupement d'extrême-droite (le Parti ouvrier allemand), n'aura de cesse de vouloir anéantir les "criminels de novembre "  de 1918.


Pour l'heure, depuis le 9 novembre 1918, la Bavière, dont il est citoyen et soigné, est dirigé par une  "république des Conseils" qui vire à l'extrême-gauche, après la naissance du KPD (Parti communiste d'Allemagne), le 1er janvier 1919. Mais les troupes du gouvernement fédéral socialiste et les Corps francs (groupes paramilitaires armés) réduisent peu à peu les révolutionnaires partout en Allemagne. A Berlin, en janvier 1919, Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, dirigeants communistes, sont assassinés, sans que les socialistes n'objectent. Et leurs meurtriers, jugés par un tribunal militaire au lieu de passer devant une cour de justice civile, sont condamnés à des peines légères.

Description de cette image, également commentée ci-après

        Rosa Luxemburg en 1915.


Juste avant la prise de Munich, encore soldat, Hitler se fait remarquer par ses officiers pour ses opinions nationalistes et racistes. En juin 1919, alors que la répression fait rage contre les révolutionnaires en Bavière, sa hiérarchie le charge de faire de la propagande anticommuniste parmi la troupe. Cette répression de 1918 à 1919 a causé la mort de nombreux révolutionnaires, puis de militants et dirigeants du KPD. Ce qui anéentira toute union entre socialistes et communistes contre les nazis.

Une patrouille de Corps francs

 

L'Allemagne est ruinée et le travail se fait rare, le cours du mark s'effondre. La stabilisation de l'économie ne dure pas en 1925 et la crise capitaliste internationale de 1929 plonge le pays dans une récession encore plus forte.

En 1923, Hitler et des militaires de haut rang, dont le maréchal Ludendorff, (adjoint du maréchal Hindenburg lors de la guerre) tentent un coup d'état en Bavière, pour ensuite marcher sur Berlin. Le putsch avorte. Arrêté et condamné à 5 ans de prison, il n'en fait que 9 mois sous la pression des partis conservateurs. Mais il a le temps d'y écrire Mein Kampf, qui explique le fondement idéologique de la politique qu'il compte mener avec son parti, le NSDAP.

 

        Les inculpées lors du procès d'Adolf Hitler en 1924

Entre 1928 et 1930, semant la terreur, profitant des divisions de la gauche depuis la répression de 1918 à 1919, du Parti socialiste au gouvernement gérant l'austérité et soutenant la droite dans l'opposition, le parti nazi passe de 2,6% à 18,3% des voix. L'engrenage est enclenché et la bête immonde est présente sur la place publique, au grand jour.

Début 1932, le Parlement allemand n'a toujours pas de majorité stable. Mais Hitler se concilie l'armée et les milieux d'affaires qui redoutent un "péril rouge" venant des communistes allemands, le KPD ayant obtenu 16,9% des voix à l'élection présidentielle de 1932, sous le nom de Ernst Thälmann, son secrétaire général.

Hitler, lui, recueille 30,1% au premier tour et 37,3% au deuxième. Le parti nazi est le premier parti d'Allemagne et Hermann Göring, du NSDAP, devient le président du Parlement. Mais le maréchal Hindenburg, ancien chef d'état-major de Guillaume II, est réélu. Il va gouverner par décrets.


Un tiers des travailleurs est alors au chômage, les salaires sont réduits et les allocations sociales limitées: le terreau social est nourricier pour la sanglante "mission" nazie.

Sous la pression de la droite conservatrice et de l'armée, Hindenburg désigne Adolf Hitler comme chancelui le 1er janvier 1933 et dissout le Parlement le 1er février.

 

Le ''démocrate'' Hitler serrant la main du président Hindenburg.

Les nazis se préparent aux élections législatives dans une violence extrême avec les SA et les SS.

Le 27 février, c'est l'incendie du Reichstag dont Hitler fait aussitôt supporter la responsabilité au KPD. Les SA et les SS reçoivent des pouvoirs de police. Le 3 mars, Ernst Thälmann, secrétaire général du KPD est arrêté et sera exécuté dans le camp de concentration de Buchenwald en 1944.

Le 5 mars, aux élections législatives, le parti nazi obtient 43,9% des voix, les socialistes 18,3%, le KPD 12,3% (une prouesse malgré que les communistes soient déjà pourchassés, emprisonnés ou assasssinés), la droite 11,2% et les nationalistes 8%.


Le 21 mars, débute la construction du camp de concentration de Dachau. Le 23 mars, les députés du KPD arrêtés, Hitler obtient les pleins pouvoir du Parlement; seuls les socialistes ont voté contre. le 26 avril, Göring fonde la Gestapo. Les partis politiques sont dissous ou se font hara-kiri; depuis le 7 avril, le KPD était interdit. Le 14 juillet, le NSDAP devient le parti unique.

En 1934, le maréchal Hindenburg, gravement malade d'un cancer, se retire de la vie politique tout en restant président de la République. Il meurt le 2 août.

Le 19 août 1934, par un plébiscite, le peuple allemand donne le titre de chancelier et de président de la république à Hitler.


Adolf Hitler est le Führer de l'Allemagne, son "Guide" suprême et absolu. Les démocraties occidentales, qui avaient plein leur bouche de "Monsieur le chancelier", ont nourrit aussi la bête immonde.






 

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