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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Cela n'a pas été sans difficultés majeures extérieures et intérieures. L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques voit le jour de l'éclatement de l'empire tsariste, en application du droit à l'autodétermination de ses peuples et de la volonté du pouvoir bolchevik d'une Fédération de républiques indépendantes ou autonomes autour de la Russie soviétique.


Effectivement, le 15 mars 1917, Lénine signe le décret sur l'égalité des droits de tous les peuples de l'ex-empire du tsar, leur droit à l'autodétermination et toutes les libertés accordées aux minorités existantes. Or, la guerre civile éclate immédiatement, couplée avec le blocus du pays, les assauts des armées blanches et les interventions militaires étrangères, dont celle de la France, contre le jeune pouvoir installé à Moscou. Tous ces combats, dont les derniers se terminent en 1921, ont montré le rôle majeur du Parti communiste dans la défense de la révolution. Et en repoussant les armées étrangères, les prétentions territoriales de la Turquie et en écrasant les forces blanches, l'Armée rouge et le Parti communiste en ressortent plus grandis encore, malgré la défaite en mars 1921 contre la Pologne aidée militairement par les puissances occidentales.


Mais si Lénine en revient à une union volontaire de nations libres dans une Fédération des républiques nationales soviétiques, Staline, commissaire aux nationalités, prône une entité centralisatrice autour des intérêts de la seule Russie. En 1922, ces deux conceptions s'affrontent ouvertement. Mais Lénine, affaiblie par la maladie, est lâché par son soutien principal en la personne de Troski, le fondateur de l'Armée rouge. Il va être frappé d'hémiplégie en avril 1922, date à laquelle Staline devient secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique; une deuxième attaque cérébrale le paralysant partiellement en décembre, il doit se résigner à abandonner toute activité politique. En mars 1923, une dernière attaque le cloue au lit et le prive de la parole. Et si, le 30 décembre 1922, l'URSS  avait été proclamée sans référence au rôle de la Russie, dans les faits, Staline triompha politiquement.

Lénine meurt le 21 janvier 1924. Il avait toutefois demandé, par deux textes en décembre 1923 et janvier 1924, d'écarter Staline de son poste de secrétaire général du Parti communiste. Et contre sa volonté, son corps est embaumé et exposé publiquement dans un mausolée, sur la place Rouge à Moscou.

La Russie va devenir le moteur principal d'une URSS toute entière centralisée autour de Moscou.

 

Lorsque l'URSS implose en 1991, elle s'écroule moins par la dissidence des républiques fédérées que sous la pression de la déliquescence extrême du PC de l'Union soviétique et de nombre de ses élites à vouloir conserver pouvoirs, richesses et profits et à les multiplier avec le capitalisme.

 

Il n'empêche, le chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, et  la disparition de l'URSS, le 8 décembre 1991, ne marquent pas la fin de l'histoire. C'est à dire que le capitalisme serait devenu l'horizon indépassable de l'humanité. C'est à dire qu'il faudrait se résigner aux inégalités qu'il engendre et à l'exploitation de l'homme par l'homme comme choses naturelles de la condition humaine.

Dans cette optique-là, la social-démocratie, regroupée en Internationale socialiste (avec pour président Papandréou ex-premier ministre grec, tout un programme), tente d'humaniser le capitalisme avec l'aide des syndicats réformistes. Or, chacun peut mesurer la faillitte de cette idée dans les pays qu'elle a dirigés ou qu'elle gouverne encore. Et l'exemple actuel de la France de François Hollande, où le PS détient le pouvoir exécutif et législatif, la majorité des régions et pratiquement toutes les grandes métropoles françaises, en montre ses cruelles limites pour le peuple qui y avait cru. Oui, en fin de compte, la lutte des classes existe toujours et la fin de l'histoire, proclamée par les porte-voix du capitalisme ou par ceux qui voudraient l'humaniser, n'est pas encore à l'ordre du jour de l'humanité.

Certes, le stalinisme et d'autres mots en isme qui se sont réclamés du communisme, pour le dénaturer tragiquement, sont à bannir définitivement. Et ce qui vaut pour hier vaut également pour demain.

Mais Eugène Varlin (1839-1871), l'un des artisans de la Commune de Paris, écrivait :"Tant qu'un homme pourra mourir de faim à la porte d'un palais où tout regorge, il n'y aura rien de stable pour les institutions humaines". Auguste Blanqui (1805-1881) disait, lui:"Oui, ceci est la guerre entre les riches et les pauvres; les riches l'ont ainsi voulu, car ils sont les agresseurs; ils diraient volontiers en parlant du peuple: cet animal est si féroce qu'il se défend quand on l'attaque".


Alors "Debout les damnés de la terre, debout les forçats de la faim, la raison tonne en son cratère" et ce sera l'éruption de la fin parce que c'est l'unique solution. Vraiment.

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