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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

 

La France compte de plus en plus de pauvres et précaires depuis le milieu des années 2000 et travailler ne suffit plus à se prémunir de l'exclusion. Cette tendance est accentuée par la crise économique qui devrait perdurer faute de mesures spécifiques, selon un rapport officiel publié ce jeudi 29 mars 2011. Oui, en France, 5e pays le plus riche du monde...

L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale( Onpes) vient de rendre son rapport 2011-2012. Il est plus que parlant par rapport à la catastrophe sociale que subit la France. Certes, même si notre pays avait d'abord "plutôt bien résisté" à la crise 2008-2009, ses conséquences sont aujourd'hui "lourdes, multiples et échelonnées dans le temps". 11,2 millions de Français sont touchés par la pauvreté et l'exclusion, soit 13,5% de la population.


Chacun a en mémoire le candidat Sarkozy de 2007 promettant de réduire la pauvreté d'un tiers. Or, l'Onpes affirme qu'en 2004, le niveau de pauvreté atteignait les 12,6% et les chiffres actuels ne comptent que pour l'année 2009. 11,2 millions de nos concitoyens subissent soit la pauvreté monétaire,soit des "privations matérielles sévères", soit par une "très faible intensité de travail". 700.000 personnes cumuient les trois critères.

 

L'Onpes s'inquiète particulièrement de la "montée indéniable de la grande pauvreté".

 

Près de 2 millions de personnes vivaient en 2009 avec moins de 640 euros mensuels (40% du niveau de vie médian), soit 3,3% de la population, un taux "en nette progression" (2,7% en 2000).

 

Les personnes en grande pauvreté n'ont que peu de chances de se tirer du "halo du chômage", précise l'Onpes, "en raison du cumul de handicaps lourds, notamment en matière de santé, d'éducation et de logement".


Ce "cercle vicieux de la pauvreté" constitue un noyau dur de l'exclusion dans notre pays: des femmes chefs de famille monoparentale, des hommes isolés et dépourvus de qualifications professionnelles, des femmes seules et âgées".

 

Quant à ceux qui travaillent, l'Onpes s'inquiète des personnes aux "qualifications insuffisantes", que "le fonctionnement sélectif du marché du travail, privent quasiment de toutes chances d'accéder à un emploi durable et de qualité", comme l'attestent les statistiques du chômage de longue durée. 6,7% de la population en emploi est pauvre en France.

 

"Il vaut mieux avoir un emploi pour éviter la pauvreté mais il n'en prémunit plus autant qu'avant", a résumé Jérôme Vignon directeur de l'Onpes.

 

A défaut d'un soutien spécifique aux travailleurs pauvres, "il faut s'attendre en 2012 à une augmentation sensible du nombre de personnes en situation de pauvreté", a-t-il rajouté.


L'Onpes relativise également les chiffres de l'emploi en Allemagne, meilleurs qu'en France mais qui s'accompagnent de "réduction de salaires, d'une sensible précarisation de l'emploi" et d'une hausse de la pauvreté (12,2% en 2005 contre 15,6% en 2010).

 

L'Onpes prône une revalorisation des minima sociaux."Augmenter le RSA de 25% en 5 ans, coûterait entre 300 et 400 millions d'euros. ce n'est vraiment pas la lune", dit encore Jérôme Vignon, son directeur.

 

Note de ma pomme: Quitte à paraître lourd pour certains, outre le bilan social désastreux du gouvernement des riches et du patronat, il y a mille et une raisons de se battre pour le pouvoir d'achat, contre l'exclusion et la précarité dans cette campagne électorale, comme après le 6 mai. Sinon, on n'efface rien et on recommence par-dessus!

 

Ci-dessous, Taux de pauvreté en 2004, selon l'Insee et la Direction générale des impôts:

Carte 3 : Taux de pauvreté par département

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