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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le 27 mai 1943, dans Paris occupé, 16 hommes se réunissent clandestinement autour de Jean Moulin secondé par Robert Chambeiron et Pierre Meunier. Ce sont les représentants des divers mouvements de résistants, de partis, de la CGT et de la CFTC. Avec la création du Conseil National de la Résistance, est scellée l'unification de la Résistance intérieure sous l'autorité du général de Gaulle dont Jean Moulin est le représentant.

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Celui-ci, à l'automne 1942, a été envoyé en France par le général de Gaulle pour unifier les mouvements de résistance existant sur l'hexagone. La chose ne fut pas simple à réaliser.

Le général de Gaulle ne veut dans cette structure unitaire que les mouvements de résistants. Ce qui signifie la disparition pure et simple du Parti communiste français. Or depuis l'automne 1940 avec la création de l'Organisation spéciale puis des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF), jusqu'à la création en mai 1941 du Front national pour la libération et l'indépendance de la France, le PCF est l'unique force politique clandestine organisée au niveau du pays. C'est aussi le mouvement militaire clandestin le plus nombreux et le plus efficace.

Jean Moulin, au fait de cette réalité, s'en entretient avec le général de Gaulle. Dès lors, celui-ci, pour ne pas que le PCF ne soit pas le seul parti reconnu comme résistant, décide que d'autres organisations politiques doivent figurer dans le CNR. Ce sont des partis d'avant-guerre qui ont disparu ou qui sont devenus l'ombre d'eux-même, quand certains de leurs membres ne sont pas ralliés au gouvernement de Pétain. Cette décision provoque un certain ressentiment parmi la Résistance.

Mais le 17 avril 1943, la CGT se réunifie dans la clandestinité. En 1939, ses éléments communistes en avaient été chassés par le secrétaire général Léon Jouhaux aidé fortement par la fraction de René Belin, laquelle ralliera le gouvernement pétainiste. Cette réunification n'est pas rien dans les combats contre les nazis et les collaborateurs français dans les entreprises. Ensuite, Jean Moulin a le très grand mérite de lever les préventions des uns et des autres.

Le 15 mars 1944, le CNR adopte un programme politique à appliquer à la  libération de la France. Il est puisé principalement dans le programme du PCF et de la CGT d'avant-guerre. Ce n'est pas du tout le programme qu'avait suggéré le général de Gaulle au CNR.

 

Dès lors, on peut mieux comprendre que, dès que le patronat et la droite relèvent la tête en 1946, que des divisions profondes apparaissent entre le PCF et la SFIO, le général de Gaulle démissionne brutalement du gouvernement dont il est le chef et qui comporte des ministres communistes.

Le 24 octobre 1944, Louis Saillant, alors président du CNR, avait prononcé un discours sur le programme politique à mettre en oeuvre. Il représentait la CGT lors de la création du CNR.

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Le 4 mai 1947, l'éviction du gouvernement des ministres communistes marque les premières attaques importantes contre le programme du CNR. Le gouvernement Ramadier, dit de "3e force" avec des ministres socialistes, vilipende les grèves organisées par la CGT. Le congrès de la SFIO, en août 1947, acte qu'il faut une scission dans la CGT. Les USA vont financer l'action scissionniste du journal Force Ouvrière dirigé par Léon Jouhaux, alors secrétaire général de la CGT avec Benoît Frachon.

Le 19 décembre 1947, Léon Jouhaux et quatre secrétaires confédéraux quittent la CGT.

FO est créée le 12 avril 1948 et Léon Jouhaux en devient le secrétaire général. La SFIO, par la voix de son dirigeant Léon Blum, interdit à ses adhérents de se syndiquer à la CGT.

 

Si la CGT demeure la "grande organisation d'unité de la classe ouvrière" à cette époque, il n'en reste pas moins que cette scission et le départ des enseignants de la confédération pour fonder la FEN entraînent une désyndicalisation importante.

Diviser le mouvement syndical, pour le réduire, a toujours été une constante des forces réactionnaires en France au service du capitalisme quand celles-ci n'ont pas été aidées par la mouvance réformiste au sein du mouvement syndical.

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