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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La synagogue de Strasbourg 1838-1941

Inaugurée en 1838, elle fut incendiée en septembre 1940 par des nazis entend-t-on communément. Mais qui étaient ces nazis?

Le 19 juin, les soldats allemands pénètrent dans Strasbourg  et l'étendard nazi à croix gammée flotte sur la cathédrale. L'Alsace est annexée par l'Allemagne nazie. Dès le 13 juillet 1940, par ordonnance, le Gauleiter Wagner, chef de l'administration de l'Alsace,  confisque tous les biens, intérêts, et droits des Juifs. Les derniers Juifs alsaciens restés en Alsace sont expulsés. Ceux de Strasbourg avaient été évacués avec les Strasbourgeois, lorsque la ville fut entièrement vidée par le gouvernement français, au début de la Deuxième Guerre mondiale. Autorisés par le régime nazi, le 6 août 1940, les premiers Strasbourgeois reviennent dans leur ville, mais pas leurs concitoyens juifs. En 1941, Strasbourg retrouve 70% de sa population de 1939.

La confiscation des biens, intérêts et droits des Juifs expulsés ne suffit pas à calmer la haine antisémite, les synagogues disparaissent d'Alsace et les cimetières juifs sont saccagés.

C'est bien un commando de la Jeunesse hitlérienne qui incendie la synagogue de Strasbourg, mais des Alsaciens en font également partie.

Le Nouvel Alsacien note en 1946 qu'un mécanicien de 24 ans, habitant Strasbourg, est jugé. Gradé dans la Jeunesse hitlérienne, il lui est reproché d'avoir été actif pour le recrutement de l'organisation nazie et participé à l'incendie de la synagogue. Il plaide ceci devant le Tribunal: "Dans la nuit du 1er octobre 1940 lors de la mise en place de l'incendie de la synagogue, il a cette nuit-là conduit deux jeunes gens en voiture dans une localité située à environ 30 kilomètres de Strasbourg. Là-bas les deux jeunes gens ont cherché une bombe incendiaire dans le bâtiment de l'école. Tous les trois sont alors retournés à Strasbourg. Vers deux heures du matin, il a amené six à sept jeunes de la Hitlerjugend, tous des chefs, à la synagogue. Pendant l'incendie, il était resté près de la voiture. Il avait reçu l'ordre de se tenir prêt à toute éventualité, la voiture étant stationnée à environ 300 mètres de l'édifice incendié."

L'accusé fut condamné à 10 mois de prison et à 10 ans d'indignité nationale.

Dans la presse alsacienne nazifiée, le Français Paul Schall écrit le 7 mars 1941: "Qu'aujourd'hui la synagogue n'est plus prétentieuse. Le portail est fermé et de la coupole n'émerge plus que la charpente. La synagogue va être rasée. Aurait-on dû la conserver pour la transformer en musée ? Non. Elle est le témoignage d'un passé peu glorieux, et en conséquence, elle doit disparaître. Rien ne doit plus rappeler le judaïsme qui n'était pas toléré à Strasbourg, ville libre et impériale et qui avait pu s'infiltrer au 17 e siècle avec l'aide française. Depuis lors le judaïsme s'était installé par le parasitisme aux dépens du peuple alsacien. Les juifs sont partis. Mais sur place où se trouvait la synagogue, les nationaux-socialistes de Strasbourg défileront bientôt en colonnes sous les plis du drapeau à croix gammée. Ainsi sera scellé leur attachement définitif au grand Empire allemand, qui a libéré l'Europe des Juifs"

Les décombres de la synagogue sont dynamités, puis rasés en 1941

Sources: L’incendie de la synagogue consistoriale du quai Kléber de Strasbourg en 1940. Jean Daltroff.
LA STELE QUI VIENT D'ÊTRE PROFANEE

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