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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Je l'avoue, la glottophobie m'était jusqu'à ce jour inconnue. Heureusement, Jean-Luc Mélenchon a semble-t-il brocardé une journaliste qui avait l'accent occitan et une députée de la voix de son maître en a profité pour réclamer une loi contre la glottophobie, surtout contre le patron de la France insoumise.

Je laisse à ces deux honorables représentants de la nation la valeur de leurs propos.

Mais je reviens à la glottophobie. C'est la discrimination consistant à rejeter, ou à reléguer à un rang inférieur, un accent provenu d'une langue régionale française -dans le cas du député FI de Marseille et peut-être un comble, l'accent du Midi-, ou bien un accent étranger.

Quant à qu'es aquò dans mon titre, c'est la traduction occitane du français qu'est ce. La langue d'oc, au même tire que l'italien, le castillan ou le catalan, dérive du latin populaire et des idiomes des autochtones avant que Rome ne les colonise. Et cette langue, n'en déplaise à quiconque, possède son vocabulaire et sa grammaire, ses écrivains, ses chanteurs et ses poètes. Elle était couramment parlé autrefois dans les usines comme dans les vignobles.

A Port-la-Nouvelle, en mai-juin 1968, le comité de grève, auquel appartenait mon père, délégué CGT de l'usine CECA, débattait en occitan. Et bien avant cette date, lors de la révolte vigneronne du Midi en 1907 à laquelle mon arrière-grand-père participe, le 17e qui tourne ses crosses à Béziers, pour ne pas tirer sur les manifestants, hormis ses officiers, ne parle qu'occitan. Et la Commune de Narbonne en 1871 parle aussi cette belle langue.

Ceci dit, le quésaco, utilisé à tort et à travers par certains, peut donc s'apparenter à la glottophobie, puisque je connais ce mot par la grâce de deux honorables représentants de la nation. Pour autant, représentants de toute la nation? Je vous laisse le choix de répondre.

Roger Colombier

Né à Narbonne, dans le département de l'Aude, exilé en région parisienne pour raisons économiques, toujours fier de ses racines révolutionnaires, ouvrières et occitanes. Et mèrda* de mèrda à tous ceux qui ne l'entendent pas!

* Le a occitan en terminaison se prononce o. Sinon, mèrda provient du verbe emmerdar. Mais là, traduit qui voudra.

Et puisqu'on approche du 100e anniversaire de la Grande Guerre:

La glottophobie: Qu’es aquò?

A travers des extraits de lettres et cartes postales, échangées entre les poilus et leurs familles durant la première guerre mondiale, sous la forme d’un almanach (une lettre par jour de l’année), Yves Rauzier nous fait découvrir la place de la langue d’oc dans les tranchées, chez les combattants venus des quatre coins d’Occitanie.

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