Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La droite et son extrême, le Parti socialiste, qui l'ont porté sur les fonds baptismaux, en redemandent. Et l'ex-banquier d'affaires, mis sur le trône présidentiel dans le palais de l'Elysée, est allé commémorer le régime républicain monarchique qui régente la France. Ce 4 octobre 2018, il était sur la tombe du général de Gaulle à Colombey-les-deux-églises, créateur de la 5e République qui va donner à son président tous les pouvoirs, sans jamais rendre de compte à personne.

En 2002, en alignant la durée du mandat du président de la République sur celui de l'Assemblée nationale, le gouvernement du socialiste Lionel Jospin, dit de "gauche plurielle", a consolidé le pouvoir autoritaire et le rôle central de celui qui sera intronisé à l'Elysée.

En 1958, c'est toujours la guerre en Algérie, la pacification de cette colonie française disent la droite et son extrême, ainsi que les socialistes. Le gouvernement de Félix Gaillard tombe le 15 avril 1958. Il était composé par la droite, les radicaux et les socialistes, ceux-ci occupant notamment le ministère du Sahara, le secrétariat d'Etat de l'Intérieur et celui des armées de terre.

Le 9 mai, Pierre Pflimlin  est pressenti comme nouveau chef du gouvernement. A cette époque, le président du Conseil dirige les affaires de la France et est soumis aux votes des députés qui lui accordent ou pas leur confiance. Le 14 mai, il est investi par l'Assemblée nationale et son gouvernement comprend des ministres socialistes.

Mais le 13 mai, putsch militaire à Alger et création d'un Comité de salut public dirigé par le général Massu. Des comités similaires se forment dans les grandes villes algériennes et en Corse. Le général Massu adresse au Président de la République, René Coty, un télégramme exigeant la création d'un gouvernement de salut public à Paris. Le 14 mai à Alger, le général Salan fait acclamer le général de Gaulle par les partisans de l'Algérie française.

Aussitôt, considérant cet hommage comme un appel, le général de Gaulle, par un communiqué, se dit "prêt à assumer les pouvoirs de la République".

Le 24 mai, les parachutistes de Calvi sautent sur Ajaccio dont ils prennent le contrôle avec la complicité des gaullistes. Le colonel Jean-Robert Thomazo prend le commandement civil et militaire de l'île. Guy Mollet, dirigeant national du Parti socialiste, se rend à Colombey-les-deux-églises pour faire du général de Gaulle l'homme de la situation.

Le 1er juin, le général de Gaulle est nommé président du Conseil par le président de la République, le socialiste Guy Mollet devient ministre d'Etat.

Un projet de Constitution est préparé sous la gouverne de Michel Debré, gaulliste et ministre de la Justice. Il sera le premier premier ministre du général de Gaulle. La nouvelle constitution est approuvée par référendum avec 80% de oui, le 28 septembre 1958.  Pcf et CGT avaient appelé à voter non, le Parti socialiste était favorable au oui.

Le 4 octobre 1958, la nouvelle constitution est promulgué par René Coty, président de la République. La 5e République vient de naître. Le général de Gaulle en devient son président, désigné par un collège de 80 000 grands électeurs en décembre 1958. En novembre, les gaullistes remportaient les élections législatives façon 5e République.

Or, c'est bien par un coup d'Etat, que le général de Gaulle prend le pouvoir pour devenir président de la République avec tous les pouvoirs. La Constitution de la 4e République ne prévoyait pas la possibilité de modifier la Constitution par référendum.

Ce 4 octobre 2018, Emmanuel Macron a rendu hommage au général de Gaulle. Devant le Conseil constitutionnel qui vérifie la conformité des lois par rapport à la Constitution et dont le président est le socialiste Laurent Fabius, Manu 1er s'est fendu d'un discours en ce jour anniversaire. Les anciens présidents de gôche et de droite sont membres de droit dudit conseil et les autres membres nommés par les présidents de droite et de gôche du Sénat et de l'Assemblée nationale. Avant d'être ministre de la Justice de Manu 1er, la socialiste Nicolle Belloubet était membre du Conseil constitutionnel, désignée par le président de gôche du Sénat.

J'espère que vous comprendrez pourquoi ni la droite et son extrême, encore moins la gôche et ses différentes chapelles, souhaitent sortir de la 5e République française.

Un dessin des partisans du NON à la constitution de 1958:

4 octobre 1958-4 octobre 2018: 60 ans de 5e République. Vous en voulez encore?

Commenter cet article