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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

A écouter les aboyeurs de la pensée unique, on ne l'aurait pas crû en France, l'une des plus grands puissances économiques et militaires au monde. Et pourtant, seulement 3 exemples récents:

- Mourir sur un brancard, dans un couloir d'hôpital, sans avoir été examiné par un médecin. Ce cauchemar, une femme de 73 ans l'a subi la semaine dernière à Reims. Transférée de sa maison de retraite aux urgences de Maison Blanche, elle y a succombé d'un arrêt cardiaque, après plus de deux heures et demi d'attente.

  - A Rennes lundi: une femme de 60 ans, admise aux urgences de l'hôpital Pontchaillou pour des douleurs au ventre, a fait un arrêt cardiaque sur le brancard où elle attendait d'être auscultée.

- Une jeune femme de 19 ans en a fait les frais en février à l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon. Par deux fois, son otite avait été jugée bénigne. Dix jours plus tard un abcès cérébral entraînait son décès.

"Ça va mal de partout", résume Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France, qui réclame "plus de personnels et plus de lits car le nombre de passages aux urgences ne cesse d'augmenter: plus de 20 millions en 2016, contre 18 millions en 2011 et 14 millions en 2002"

Pourtant, dans certains hôpitaux, l'ouverture des urgences 24 heures sur 24 est remise en cause, comme à Clamecy (Nièvre), Avallon ou Tonnerre (Yonne). Cette politique de fermeture "aggrave la situation", déplore Christophe Prudhomme par ailleurs militant de la CGT dans le secteur de la Santé.

Pour finir, mon cas personnel aux urgences de Mantes. Entré dans ce service après appel au 15 à 20h 30. Un vendredi. Mal dans le ventre et les douleurs me coupent la respiration. Attente de mon tour dans la salle d'attente. Priorité aux ambulances des pompiers, pour les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes. Normal. La police est aussi prioritaire. Admis enfin dans un box un peu avant minuit. Auscultation par le médecin du SAMU qui revenait d'une mission. Ventre mou mais douleurs toujours aigües à droite. Médicament de cheval contre les douleurs et scanner d'urgence pour le lundi matin. Plus d'une heure du matin en ce samedi. Les taxis ne se déplaçant pas pour des petits parcours, mon épouse vient me rechercher. Avec la prescription du toubib du Samu, mes douleurs persistent mais sont moindres.

Scanner lundi à 11h. On me dit de revenir pour les résultats dans deux jours. A mon domicile, vers 12h, téléphone de l'hôpital de Mantes: "Venez chercher vos résultats". Ce que je fais immédiatement, quelque peu surpris. Le service m'adjoint de me présenter aux urgences, les résultats du scanner sont négatifs d'après ce que je déchiffre.

Attente aux urgences. Puis nouvelle attente dans un box des urgences. Perfusion contre les douleurs. Un interne passe, puis un chirurgien qu'il a appelé. Il est plus de 22 heures. Le chirurgien m'informe que l'on doit m'opérer de la vésicule biliaire. En fait, ça sera son ablation. Troisième attente sur un brancard dans le couloir qu'une chambre se libère dans le service concerné. Le box que j'ai libéré est utilisé pour un autre patient. Au petit matin, j'obtiens une chambre au 2e étage de l'Hôpital de Mantes-la-Jolie. Le personnel soignant, qui se démène, a été à la hauteur de sa tâche.

Le ministère de la Santé reconnaît que 97 établissements sur 650 sont seulement en "dispositif hôpital sous tension", c'est-à-dire qu'ils font face à "une situation critique de prise en charge des urgences hospitalières sans pour autant être amenés à déclencher le plan blanc" réservé aux situations d'afflux exceptionnel de patients. Sans blââgue!

Mais c'est vrai que je n'émarge pas dans la catégorie des hors-sols ou des premiers de cordée. Moi et tous les autres, gens d'en bas qui fréquentons les urgences de l'Hôpital public.

Série noire à l'hôpital: les urgences à l'agonie

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DUVAL 19/03/2018 12:58

Moi aussi j'en aurai à raconter en tant que soignante. J'pourrai même en faire un livre...
Je sais pas où on va, mais on y va et j'avoue que ça me fait un peu peur !!