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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Ce samedi, les anciens élèves du collège George-Sand, qui ont travaillé sur l'histoire de la famille Schimianski avec le professeur Thierry Andro, ont dévoilé la plaque commémorative.

Dans le Parisien 78: "C’est l’aboutissement d’une aventure historique, d’un hommage discret mais visible aux millions d’anonymes déportés. Une plaque commémorative a été posée ce vendredi à Mantes-la-Jolie, puis dévoilée ce samedi en présence du maire (LR) Raphaël Cognet, afin de perpétuer la mémoire de la famille Schimianski.

Ce rectangle de quelques centimètres percé de quatre vis a été installé au 22 place du Marché-au-blé, au pied de l’immeuble où vivaient Albert et Irma, chapeliers, ainsi que leurs enfants. Tous quatre sont morts, à Auschwitz, parce qu’ils étaient Juifs, en 1944. Les enfants, Jean et Annette, étaient âgés de 7 et 9 ans. «Il s’agit d’êtres humains qu’on a fait disparaître physiquement et dont on a voulu faire disparaître la trace. Cette plaque vient justement rappeler leur présence, leur trace, ici, à Mantes-la-Jolie», explique Thierry Andro.

Ce professeur d’histoire du collège George-Sand de Magnanville a mené tout au long de 2016 et de 2017 un travail d’investigation avec ses élèves de 3e pour retracer la destinée tragique de cette famille dans le cadre d’un projet scolaire. Un travail de mémoire mais également un travail aux vertus pédagogiques puisqu’il a permis d’aborder la Shoah sous un autre angle.

« C’est comme un aboutissement, nous avons travaillé sur l’histoire de cette famille pendant un an », retient Élisa, 15 ans. « Nous avons trouvé des indices sur eux, et même rencontré certains de leurs proches », poursuit Agathe, sa camarade aujourd’hui scolarisée au lycée Léopold-Sédar -Senghor de Magnanville.

En fin d’année dernière, Roger Colombier, un historien local, retraçait l’histoire des «Juifs oubliés de Mantes-la-Jolie» dans un ouvrage, révélant une page méconnue de l’histoire de la ville."

Note de ma pomme: Depuis la cérémonie de mai 2017 sous l'égide de la municipalité à la mémoire des persécutions antisémites et de la déportation vers la mort des Juifs de la ville, jusqu'à cette plaque déposée sur l'ancien commerce de la famille Schimianski, la "solution finale", décrétée en 1942 par l'Allemagne hitlérienne pour l'extermination totale des populations juives en Europe, n'est plus dans l'oubli.

Et permettez-moi de citer En guise de conclusion dans mon ouvrage Les Juifs oubliés de Mantes-la-Jolie 1940-1944:

  Peut-on conclure et passer à autre chose dans son quotidien le plus naturellement du monde quand d’aucuns nient toujours le génocide programmé des Juifs par l’idéologie nazie ? Et combien d’autres génocides ont-ils été perpétrés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale sur notre planète, tant le ventre de la bête immonde reste encore fécond ?

     Aussi, permettez-moi de rappeler des chiffres bruts[1], tels que les enregistraient les nazis au départ des convois des déportés et dans les camps de la mort, méthodiquement, pour en rajouter à l’horreur des assassinats commis :

     75 721 Juifs, dont près de 11 000 enfants, ont été déportés de France entre mars 1942 et août 1944. Pour au moins 85% d’entre eux, les arrestations ont été exécutées par la police française et la gendarmerie nationale.    

     74 convois de déportés sont partis vers les camps nazis, pour la plupart de la gare du Bourget (1942-1943) ou de celle de Bobigny (1943-1944). Le premier est parti de Compiègne en date du 27 mars 1942, le dernier de Clermont-Ferrand, le 18 août 1944. Près de 90% des 75 721 Juifs ont été déportés à Auschwitz. 4 convois ont été acheminés vers Sobibor, un pour Kaunas et un autre pour Reval.

     3 000 Juifs sont morts de maladie et de malnutrition dans les camps d’internement français. 1 000 Juifs sont assassinés par les Allemands et la Milice française parce qu’ils étaient juifs.

     Les nationalités les plus touchées furent les Polonais (environ 26 000), les Français (24 000 dont plus de 7 000 enfants nés en France de parents étrangers), les Allemands (7 000), les Russes (4 500), les Roumains (3 300), les Autrichiens (2 500), les Grecs (1 500), les Turcs (1 300) et les Hongrois (1 200).

     2 566 survivants ont été comptabilisés à la libération des camps en 1945, soit environ 3 % des déportés.

     En quatre ans, l’extrême droite étant au pouvoir sous le régime de Vichy, la France a promulgué des milliers de décrets et de lois contre la liberté et la démocratie. La législation antisémite est de cette veine. En organisant en juillet 1942 la première rafle d’importance, celle du Vel’ d’Hiv’ à Paris, le gouvernement de Philippe Pétain se rend le complice actif de la barbarie en préparation. Mais dès 1941, avec un Commissariat général aux questions juives, la nuit commençait pour les 350 000 Juifs de France.

     Au sortir de la guerre, toutes les mémoires sont convoquées, les mémoires résistantes autant que les mémoires juives. Mais si elles persistent dans les familles, l’histoire officielle en les oubliant bien vite, les fait disparaître. Au début des années 1950, pour de sombres calculs politiciens, des Français, condamnés par la Justice pour collaboration avec les exactions nazies, sont graciés. Pire, nombre d’entre eux et non des moindres ont échappé carrément aux tribunaux. Il faut attendre le milieu des années 1980 pour qu’un tournant s’opère vraiment. Concernant la mémoire juive, elle sera portée par des associations et des personnalités telles Serge Klarsfeld. Cette offensive de mémoire est relayée en 1995 par le discours de Jacques Chirac, président de la République, qui affirme la responsabilité de la France dans le génocide et les persécutions intentés aux Juifs.

     Aujourd’hui encore, quand la haine et le mépris de l’autre, parfois de son propre voisin, accaparent les idées d’une façon inquiétante, lorsque l’antisémitisme et le négationnisme ont tables ouvertes sur les réseaux sociaux, il est urgent de construire dans la vérité historique la représentation de notre passé pour agir dans le présent : le ventre de la bête immonde est encore trop fécond.

 

Et je rajoute que je suis contre toutes les formes d'antisémitisme tout en étant partisan de deux états: la Palestine et Israël, indépendants, démocratiques et aux frontières reconnues par l'ONU, avec Jérusalem comme capitale pour ces deux états souverains.

 

 

[1] Chiffres établis par l'Association des Fils et Filles de déportés juifs de France et publiés en 1985.

 

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