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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Les aboyeurs de la pensée unique le taisent. Mais Saad Hariri, en plus d'être un politicien libanais, est un businessman à la double nationalité libano-saoudienne. Il est entre autre chose le big boss de l'entreprise Saudi Oger dont le siège social se situait en Arabie saoudite. Depuis le 31 juillet, elle est en faillite et la totalité des salariés de son agence française à Saint-Denis attendent toujours d'être payés. Le Conseil de prud'hommes a été saisi. Mais chut, tapis rouge pour Saad Hariri qui revient d'Arabie saoudite où il s'était réfugié.

Pourtant, près de 15 millions d’euros d’arriérés de salaires n’ont toujours pas été réglés par la société de BTP saoudienne de Saad Hariri à ses salariés de France. L'entreprise est également soupçonnée "d’abus de confiance par rétention de précomptes" pour ne pas avoir versé les cotisations sociales prélevées aux organismes français concernés: 2 147 000 euros impayés à la caisse Pro-BTP, 1 196 000 euros à la Caisse des Français de l’étranger, 720 000 euros à Pôle emploi.

Mais comme de bien entendu, aucun de ces organismes sociaux n'a assigné Saad Hariri en justice. Dans la France des riches, on n'emmerde pas le premier ministre libanais, par ailleurs commandeur de la Légion d'honneur au printemps par le palais de l'Elysée en personne, et notre grand ami commun l'Arabie saoudite.
 
Le 4 novembre 2017, Saad Hariri, depuis Ryad, capitale de l'Arabie saoudite, prétendait démissionner de son poste de premier ministre. Mais cela n'échappait à personne: l'Arabie saoudite tirait les ficelles de sa marionnette dans le conflit opposant la monarchie intégriste d'obédience sunnite à la république islamique d'Iran, elle chiite.
 
Le , devant la présence prolongée de Hariri à Riyad, le gouvernement libanais, soupçonnant l'Arabie saoudite de le garder au chaud, demande son retour au pays. Et voilà qu'apparaît Zorro-Macron le défenseur de ses amis les riches. Hariri est reçu en grandes pompes par le palais de l'Elysée. Il promet qu'il sera le 22 novembre au Liban pour la fête de son indépendance. A cette date en 1943, en pleine Deuxième Guerre mondiale, la France Libre accordait son indépendance au Liban.
 
Lors d'une conférence de presse avec son homologue saoudien, le chef de la diplomatie française, l'ex-socialiste Jean-Yves Le Drian, a évoqué "le rôle de l'Iran et les différents domaines dans lesquels les actions de ce pays nous inquiètent". "Je pense en particulier aux interventions de l'Iran dans les crises régionales, à cette tentation hégémonique et je pense à son programme balistique". Voilà, c'est dit, la France de Macron se range du côté des USA de Donald Trump. J'écris cela sans dédouaner aucunement la république islamique d'Iran qui n'est pas plus un modèle de démocratie.
 
Le 23 novembre, les représentants des salariés de la société de Saad Hariri seront reçus par le pouvoir français. Mais Hariri sera retourné au Liban. Pas de bol pour ceux d'en bas!
 
En exfiltrant d'Arabie saoudite Saad Hariri, le président des riches sauve la face à la très riche monarchie intégriste. Ryad ne pouvait pas "défendre en ses murs"  ad vitam æternam le premier ministre libanais sans être pointé du doigt.
 
En l'invitant à l'Elysée pour qu'il rejoigne le Liban, l'ancienne puissance coloniale, qu'a été la France pour ce pays de 1918 à 1943, maintient toujours sa présence dans la région, contrairement à la souveraineté des peuples.
 
Saad Hariri, premier ministre du Liban: l'enfumage d'Emmanuel Macron

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Thoraise 19/11/2017 09:53

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