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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Contre les agressions sexuelles à l'encontre des femmes au travail comme dans la société. Subir n'est pas consentir

En ce moment, la parole se libère. Des dizaines de milliers de femmes racontent sur Twitter les agressions sexuelles dont elles ont été victimes. Cela ne se passe pas dans un état totalitaire et religieux où la femme n'est pas égale à l'homme. Mais en France, patrie créatrice des droits de l'Homme et du Citoyen, dans la République française qui, selon l'article premier de sa Constitution, est indivisible, laïque, démocratique et sociale.

Chacun peut mesurer avec ce déferlement de la parole féminine, quels crimes ont été commis, et sont toujours commis, envers les femmes dans la plus totale impunité, et sans parler des inégalités salariales entre hommes et femmes et le licenciement des femmes lorsqu'elles reviennent de leur congé maternité.

Le gouvernement réactionnaire actuel tente de sortir une loi. Ne nous y trompons pas. Aucune avancée majeure, sociale et démocratique, n'a été promulguée sans un rapport de classe dans la société. Et dans ce rapport de classe, les femmes, doivent y prendre toute leur place, à tous les niveaux, et non plus comme simples objets de ceux, et aussi de celles, qui savent toujours mieux que n'importe qui.

Dans ce débat urgent contre cette mauvaise société dirigée par le capitalisme, permettez-moi de citer un exemple de nos défauts majeurs envers les femmes: l'article 227-25 du Code pénal.

Les faits se sont produits le 24 avril dernier à Montmagny, dans le Val-d'Oise. Sarah, une enfant de 11 ans, sort de ses cours pour se rendre à son domicile. Elle suit un homme de 28 ans, qui l'a déjà abordée à deux reprises, jusqu'à son appartement où ils ont une relation sexuelle. À peine partie, la fillette contacte sa mère et lui raconte son calvaire. La famille dépose une plainte pour viol sur mineur. Les enquêteurs ont considéré que cette relation était consentie car aucune contrainte physique n'a été exercée sur la mineure.

La famille conteste la qualification d'«atteinte sexuelle», expliquant que la fillette n'était «pas consentante» et que la relation subie correspond pénalement au viol puisqu'il y a eu pénétration. La mère de Sarah a décrit une enfant tétanisée, incapable de se défendre. «Le piège s’est refermé sur elle. Elle était tétanisée, elle n’osait pas bouger, de peur qu’il la brutalise. Elle a pensé que c’était trop tard, qu’elle n’avait pas le droit de manifester, que cela ne servirait à rien, et elle a donc choisi d’être comme une automate, sans émotion, sans réaction», explique-t-elle à Mediapart.

Suivant l'enquête de police, le ministère public, qui dépend directement du ministre de la Justice d'Emmanuel Macron, l'ex-socialiste Nicole Belloubet, a qualifié l'agression d'atteinte sexuelle et pas de viol, en vertu dudit article du Code pénal stipulant: "le fait, par un majeur, d'exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur un mineur de 15 ans est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende". Cela se passe devant un Tribunal correctionnel, ce 13 février, et on attend le délibéré.

Le viol, lui, relève de la Cour d'assises et est passible, quand la victime est mineure, de 20 ans de réclusion criminelle. CQFD.

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