Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Au-delà de la figure historique de Simone Veil, femme politique et rescapée du génocide perpétré par la barbarie nazie contre les Juifs, un retour en arrière sur la discussion et le vote de la loi pour l'avortement. Simone Veil est à cette époque ministre de la Santé dans un gouvernement de droite dont le président de la République est Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac étant le premier ministre.

Depuis plusieurs années, les femmes réclament le droit de pouvoir interrompre leur grossesse en toute légalité. La CGT est de ce combat.

La loi Simone Veil est précédée de plusieurs combats féministes, notamment la légalisation de la contraception en 1967 mais dont la publicité est interdite, le Manifeste des 343 en 1971, pétition "je me suis fait avorter" s'exposant à des poursuites pénales et à la prison l'avortement étant illégal, le Manifeste des 331, pétitions de médecins revendiquant avoir pratiqué des avortements.

Après le procès de Bobigny en 1972,relaxant notamment une jeune fille mineure de 16 ans ayant avorté après un viol, le ministre de la Justice ordonne à ses procureurs de la République ne plus poursuivre les avortements: la loi de 1920 pour punir les avortements n'est plus appliquée.

La pression féministe progressiste ne se relâche pas pour autant.

L'avortement comparé à un crime nazi

Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune dans un hémicycle qui ne compte que 9 femmes pour 481 hommes, elle prononce son plaidoyer dans un climat tendu. "Aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l'avortement", expliquait-elle notamment. Si la totalité des députés communistes et socialistes applaudissent, dans son propre camp, les réactions sont nettement plus contrastées. Les débats sont marqués également par de violentes attaques de plusieurs députés de droite, certains jusqu'à comparer l'avortement à un crime nazi.

Après toute une nuit de débats parlementaires outranciers et violents, 284 députés votent la loi contre 189 tous de droite.

Le projet de la loi sur l’IVG est enfin adopté définitivement le 17 janvier 1975.

Qui a voté la loi sur l'avortement à l'Assemblée nationale, le 26 novembre 1974, présentée par Simone Veil ministre de la Santé?

Pour comprendre le graphique du Parisien de cette époque, les députés dits centristes sont ceux du parti de Giscard d'Estaing, ceux de droite sont les ancêtres du parti Les Républicains d'aujourd'hui.

Parmi les députés ayant voté contre, les 3 anciens premiers ministres du général de Gaulle: Michel Debré, Georges Pompidou et Maurice Couve de Murville. Georges Pompidou fut aussi président de la République de 1969 à  1974, Giscard d'Estaing lui succédant  au mois de mai.

Qui a voté la loi sur l'avortement à l'Assemblée nationale, le 26 novembre 1974, présentée par Simone Veil ministre de la Santé?

Simone Veil sous les invectives d'un député de son propre camp politique

Commenter cet article

thomas 17/08/2017 17:41

Il y'a une erreur crasse et manifeste....Dire que les 3 anciens premiers ministres de De Gaulle votèrent contre l'IVG, c'est sans doute exacte pour Michel Debré et Couve de Murville mais cela ne peut l'être Pompidou, ce dernier Président de la République est décédé en avril 1974.

Le Mantois et Partout ailleurs 18/08/2017 08:24

Exact, un de mes lecteurs avaient déjà relevé mon "erreur crasse et manifeste". Son commentaire est joint à mon article.