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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

16 juillet 2017: mauvaises fréquentations à Paris

En ce 16 juillet 2017, se commémorait le 75e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv de 13 152 juifs dont près d'un tiers étaient des enfants, organisée par la police et la gendarmerie française, aidée en cela par des miliciens collaborationnistes et fascistes, tous aux ordres du gouvernement français de l'époque dirigé par Philippe Pétain et l'extrême droite Moins d'une centaine de juifs reviendront du camp de la mort d'Auschwitz. Mais pour autant, lors de cette commémoration sur cet épisode ignoble dans la collaboration décidée à Montoire entre Hitler et Pétain, le 24 octobre 1940, fallait-il inviter Benyamin Nétanyahou, chef du gouvernement israélien, lequel gouverne le pays avec l'extrême droite et poursuit la colonisation de la Palestine, au mépris de l'ONU et des lois internationales?

Effectuée à la demande du Reich nazi, dans le cadre de sa politique d'extermination raciale, la rafle dite du Vel d'Hiv des 16 et 17 juillet 1942 fut donc exécutée froidement sans le concours d'un seul soldat allemand. Les forces de l'ordre françaises suivaient la circulaire d'Emile Hennequin, chef de la police à la Préfecture de police de Paris. Extraits: 

1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l'identité des Juifs qu'ils ont mission d'arrêter, n'ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux […]
2. Ils n'ont pas à discuter non plus sur l'état de santé. Tout Juif à arrêter doit être conduit au Centre primaire.
[…]
7. […] Les opérations doivent être effectuées avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire.

Retenus dans des conditions inhumaines pendant quatre jours, femmes, hommes et enfants furent entassés sur les gradins du Vélodrome d’hiver (démoli en 1959), avant d’être emmenés dans des camps du Loiret. Là, 3 000 enfants en bas âge furent brutalement séparés de leurs parents, déportés les premiers vers Auschwitz. Moins d’une centaine de ces raflés survécurent dont aucun enfant.

Ledit Hennequin, pour avoir organisé la rafle du Vélodrome d'Hiver, est condamné en juin 1947 à 8 ans de travaux forcés, mais bénéficie d'un décret de grâce le 28 juin 1948 ; il est mis en retraite d'office le même jour avec sa pension de retraité. Après l'éviction du gouvernement des ministres communistes en 1947, nombre de Français collaborationnistes furent graciés et échappèrent ainsi aux peines prononcées par la Justice.

Mais revenons à la présence du chef de l'état israélien, invité par le pouvoir réactionnaire français, à cette commémoration d'un des épisodes tragiques des années noires de notre histoire.

En Israël, une nouvelle loi, une de plus, adoptée par le Parlement le 6 février 2017 permettre à l'Etat de légaliser quelque 53 colonies sauvages sur des terres palestiniennes en Cisjordanie occupée. "Une décision "en infraction avec la loi internationale" pour le patron de l'ONU Antonio Guterres, bloquant le processus de paix entre Israël et Palestine. Les partisans d'une solution à deux Etats y voient une officialisation, au regard du droit israélien, du vol de terres", dixit l'Express de février 2017, magazine qui n'est en rien un brulot révolutionnaire. Depuis ce mois de février, la colonisation de la Palestine s'accentue.

En invitant le chef de l'état israélien, Emmanuel Macron concourt-il à la paix et au respect des lois internationales?

Par le hasard de l'histoire, le Journal officiel, du 13 juillet 1947, rendait public un décret signé le 31 mars 1947 attribuant la Médaille de la résistance à titre posthume à Olga Bancic, Joseph Boczov, Georges Gloarek, Thomas Elex, Roger Rouxel, Antoine Salvadori, Salomon-Wolf Schapira, Wolf Wajsbrot, Robert Witschitz, Amédéo Usseglio et Rino Della Negra. Tous membres du groupe de résistants communistes dirigés par Missack Manouchian dont la majorité d'entre eux étaient des juifs étrangers, affiliés au Francs-tireurs-partisans-Main d'oeuvre immigrée.

Au-delà du nécessaire devoir de mémoire envers l'extermination des Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale, si on réapprenait toute l'histoire durant ces années noires, la collaboration officielle de la France avec l'Allemagne nazie, celle du patronat français et de l'extrême droite dans cette même et ignoble politique et tous ces collaborateurs notoires échappant à la justice dont Maurice Papon, ministre du très droitier Valéry Giscard d'Estaing ne fut, hélas que la partie immergée de l'iceberg collaborationniste?

Oui, si on réapprenait tout cela parce que, comme l'écrivait Jules Michelet: "celui qui ne voudra s'en tenir au présent, à l'actuel, ne comprendra pas l'actuel."

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Aline 17/07/2017 17:17

Comme tu as raison il faut réapprendre, seulement voilà nos dirigeants-magouilleurs ont tout intérêt à laisser les électeurs, habitants.... dans l'ignorance de notre histoire, d'ailleurs cela explique pourquoi le programme scolaire en Histoire est si succinct et sujet à contre-verse : on pollue l'éducation de notre enfants, on manipule notre jeunesse, vers quelle destinée entraîne-t-on notre pays ? ces gens sont-ils bien attentionnés ? comme ils se sont présentés ,car ne soyons pas naïfs Macron n'est pas un ovni, c'est un engin bien programmé .... ALINE