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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Vous l'avez compris, ma chronique de ce jour ne concerne pas la famille Fillon, mais bien le 8 mars, journée internationale de luttes des femmes pour les droits sociaux et politiques. Et ce n'est pas un comité machin chose qui l'a décrétée, ni un quelconque président socialiste de la République française en exercice, François Mitterrand fut-il.

Non, cette journée internationale de luttes des femmes pour les droits sociaux et politiques fut avancée par la révolutionnaire allemande Clara Zektin au congrès de la 2e Internationale ouvrière, à Copenhague, le 26 août 1910.

Pénélope à François: "C'est quoi le 8 mars?". François à Pénélope: "Le lendemain du 7 et la veille du 9. Pourquoi?"

Clara Zetkin et Rosa Luxembourg à Copenhague en 1910

La veille, s'était réunie la Conférence des femmes de la Seconde Internationale ouvrière où étaient présentes 100 déléguées de 17 pays. Le lendemain, le Congrès de la 2e Internationale acceptait la proposition de Clara Zetkin, sans précision sur une date.

Pourquoi alors le 8 mars?

Le 23 février 1917 du calendrier grégorien (8 mars du calendrier julien en Russie), les ouvrières manifestent à Saint-Pétersbourg pour du pain, le retour des soldats du front, la paix et la république. La grève s'étend rapidement à tout le prolétariat et se transforme en révolution qui conduira au renversement du tsar et de son régime. Après la victoire de la Révolution d'octobre 1917, Lénine souligne le rôle des femmes dans la victoire de cette révolution: « Sans elles, nous n'aurions pas vaincu, ou nous n'aurions remporté qu'une demi-victoire ».

L'Internationale communiste, qui se crée en 1919, décide, sur proposition de Lénine de "mettre fortement l'accent sur le lien indissoluble qui existe entre la situation sociale et humaine de la femme et la propriété privée des moyens de production. Cela permettra de tracer la ligne claire, la ligne indélébile qui nous sépare du féminisme bourgeois. Cela fournira, par ailleurs, la base d'une conception de la question féminine comme partie intégrante de la question sociale, de la question ouvrière, et (…) qui la lie solidement à la lutte des classes prolétaires et à la révolution ».

En 1921, sur proposition de Clara Zetkin, la date du 8 mars est adoptée.

En France, le PCF et la CGTU (scission révolutionnaire de la CGT réformiste) adopte cette date comme journée de luttes des femmes pour les droits sociaux et politiques.

Aux féministes bourgeoises ou réformistes, ne réclamant que le droit de vote pour les femmes, Clara Zetkin déclarait : "Le droit de vote sans liberté économique n'est ni plus ni moins qu'un chèque sans provision. Si l'émancipation sociale dépendait des droits politiques, la question sociale n'existerait pas dans les pays où est institué le suffrage universel. L'émancipation de la femme comme celle de tout le genre humain ne deviendra réalité que le jour où le travail s'émancipera du capital. » "

Et permettez-moi de souhaiter un bon anniversaire à mon fils Denis, né le 8 mars 1979, à la maternité des Bluets, dans le 11ème arrondissement à Paris, oeuvre sociale de la CGT de la métallurgie. Et avec tous mes voeux à ma compagne Danielle, sa mère.

 

Pénélope à François: "C'est quoi le 8 mars?". François à Pénélope: "Le lendemain du 7 et la veille du 9. Pourquoi?"

Oui, ce n'était pas depuis un salon branché et encore moins depuis l'Elysée que débuta l'accouchement sans douleur en France.

En lien, l'ouvrage de l'historien Michel Dreyfus à ce sujet.

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sorcière and co 08/03/2017 12:16

merci roger pour ce rappel indispensable du fond de la lutte des femmes, même si à mon avis l'égalité proprement parlée; la femme est supérieure à l'homme, dans la socièté il faut qu'elle se batte simplement pour obtenir ses droits, comme un salaire égal pour un même travail, la possibilité de faire les etudes qu"elle souhaite et des structures adaptées pour élever ses enfants tout en maintenant son emploi