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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Mais le gouvernement de François Hollande et le PS ont refusé la réhabilitation collective des 918 soldats fusillés, parfois sans jugement, entre 1914 et 1918.

Yves Ganouach est né à Voaguer en Châteauneuf-du-Faou, dans le Finistère, le 18 août 1888. Son fils Louis Henri nait le 14 février 1914. Le père ne profite pas longtemps de son enfant. Il est mobilisé dès le 4 août 1914 dans cette guerre que l'on croit courte et victorieuse pour la France. Le mercredi 10 février 1915, Yves Gaonach va se dénombre parmi ces soldats fusillés pour l'exemple sans que leur culpabilité n'ait été prouvée ou sans qu'ils n'aient plus coupables que leurs camarades.

Sans doute était-il monté au front la fleur au fusil, en pensant revenir le plus rapidement possible auprès de son épouse et de son fils. L'euphorie fut courte. En pantalon rouge et casquette de la même couleur, baïonnette au canon de leur fusil Lebel datant de 1887, les soldats français chargent à l'assaut des mitrailleuses allemandes. 100 000 soldats tombent côté français rien qu'en août 1914.

Puis c'est la guerre des tranchées pour le soldat du 3e Bataillon de marche d'infanterie coloniale auquel il vient d'être affecté. Cette unité a subi de terribles pertes humaines à Ypres, en Belgique, et il faut le remembrer, selon l'expression militaire.

Attaques, contre-attaques, pilonnages intensifs de l'artillerie, pour 100 m de gagnés, puis perdus tout aussitôt. Sous ce déluge de feu, sous cette hécatombe de morts et de blessés, Yves Gaonach est soumis à 2 jours en première ligne, 2 jours en deuxième ligne et 4 jours en troisième ligne, quand on ne revient pas plus tôt en première ligne pour "remembrer" la première ligne. Et on recommence, sans jour de repos et encore moins de permission à l'arrière.

Le 17 décembre 1914, le médecin militaire examine Yves Gaonach, blessé à sa main gauche, dans une maison servant d'hôpital de campagne et où il s'est rendu sans en aviser personne. Le médecin pense que la blessure est volontaire.

Le 6 janvier  1915, le général Vidal convoque le conseil de guerre pour le 7 janvier à 13h. Le 6 janvier, toujours au poste de secours, Yves Ganoach s'échappe en apprenant la nouvelle. Il est retrouvé le 8 janvier par la gendarmerie, caché dans une meule de foin.

Le conseil de guerre le déclare coupable à l'unanimité à la peine de mort et à verser à l'Etat 12, 40 francs comme frais de justice. L'issue du procès est tellement prévisible que le défenseur d'Yves Gaonach n'est même pas mentionné dans les minutes.

En cette année 1915, les conseils de guerre condamnent à mort 290 soldats français.

Source: Le Lien n° 137 Centre généalogique du Finistère.

Yves Gaonach, fusillé pour l'exemple le 10 février 1915

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