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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Les "bons et les mauvais". "Los Bons e los Marrits", en occitan, langue têtue, par Jean Ortiz

Une fois de plus, Jean Ortiz remet quelques pendules à l'heure et sa plume use de mots en occitan pour le faire. L'occitan, cette langue qui n'est pas morte et enterrée, comme d'ailleurs la lutte des classes à laquelle Jean Ortiz se réfère et que d'aucuns dans le mouvement ouvrier actuel ont gommé de leur programme.

"Le capitalisme ne peut être aménagé. Sa nature le rend chaque jour plus vorace, plus destructeur."

Il faut de tout pour faire un parti socialiste... mais le cap reste le cap. C’est un « remake », un serpent d’océan, « una galejada », « una trufarià » (une tromperie), comme l’on dit chez nous, en prononçant “o” le “a”; en deux maux, « una engana » (un leurre). Et le vieux disque gratte toujours, comme du temps de Fréhel, de Berthe Silva, de Piaf, de Guy Mollet, président du Conseil, fauteur de guerre en Algérie, de la répression sauvage pour casser les grèves ouvrières, etc. Donc, un vrai leurre, sans beurre ni argent du beurre.

Depuis que je milite, donc, à intervalles réguliers, surtout en période électorale, (ah ! les élections, l’on revit !), revient la rengaine des Bons et des Mauvais « Soss ». S’il est évident que Filoche n’est ni Valls, ni Montebourg, les trois sont cependant sur le même Titanic, et ils y restent. L’antienne de « los buenos y de los malos », instrumentalisée ou non, sert toujours à « ratisser large », et à dédouaner le PS de son ralliement assumé au capitalisme, seul système viable, qu’il faut gérer, si possible à la vaseline, ou à la cravache, aux licenciements, au management brutal, à la surdose des caresses de CRS. Il est loin le Congrès d’Epinay... Et pour Mitterrand, il l’a dit, il s’agissait de donner aux communistes le baiser qui tue. Le PS en tant que tel a renoncé à tous les fondamentaux.

Lorsque l’on cible la critique contre Valls et Hollande, on peut tomber dans le piège d’épargner les choix politiques de leur parti, les choix de collaboration de classe. Lorsque Montebourg propose l’alliance main dans la main du capital et du travail, il n’invente rien. On nage dans la bonne vieille collaboration de classe relookée. Comme dit mon vieil ami Juanito : « Avec une gauche « atau » (comme ça), on n’a pas besoin de droite ! »

Le capitalisme ne peut être aménagé. Sa nature le rend chaque jour plus vorace, plus destructeur. Ne pas s’y opposer frontalement, y compris participer à son fonctionnement, conduit au désastre politique et humain présents, qu’ils ont, les uns et les autres, cautionné, activé, même si aujourd’hui certains se « démarquent », pour un temps. Le choix des communistes s’inscrit depuis la création du PCF dans la lutte des classes. Dans la situation actuelle, en ne responsabilisant que les hommes, en jouant au « tiercé des primaires », cela condamne à rester dans une certaine socialo-dépendance. Jamais comme aujourd’hui le parti socialiste n’a aussi vite oublié, renié, trahi, ses engagements. Par choix délibéré... Ils restent accrochés au système alors qu’il est urgent de le changer.

« Cal cambiar lo sistema, marcha pas », il ne marche pas, pardon, précisons, pour le plus grand nombre. Quelques milliers de multimillionnaires, quant à eux, se repaissent au festin « socialiste ».

Source: L'Humanité.fr du 3/11/2016

 

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