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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Juillet 1936: Guerre d'Espagne, la religion catholique prend fait et cause pour le coup d'état militaire

Le général Franco et un évêque sous le salut fasciste

 

 

80 ans, un anniversaire oublié par la religion établie au Vatican
En juillet 1936, la jeune république espagnole de front populaire est agressée par un coup d'état militaire dont le général Franco va prendre la tête.

Le 13 septembre 1936, l'archevêque de Salamanque est le premier hiérarque catholique à apporter son soutien aux insurgés. Il ne sera pas bientôt tout seul. Très vite la hiérarchie catholique espagnole reconnaît en Franco son "Sauveur", chef de file d'une nouvelle croisade. Cette rébellion militaire est une aubaine pour les milieux catholiques conservateurs qui voient dans Franco un rempart contre les républicains et le matérialisme athée.
Le soutien officiel de l'appareil catholique au fascisme espagnol est apporté par «la lettre collective des évêques espagnols» du 1er juillet 1937. L'Eglise de Rome confère ainsi une légitimité religieuse au coup d'état militaire contre la démocratie issue des urnes. Mais cette sensibilité catholique réactionnaire était déjà présente dans des organisations franquistes comme la Phalange d'avant guerre.
La hiérarchie catholique espagnole a le soutien du pape. D'ailleurs, le général Franco, devenu Caudillo de l'Espagne, l'équivalent de Fürher en Allemagne et de Duce en Italie, est félicité par la papauté. Le pape Pie XII déclare le 16 avril 1939, après sa victoire sur l'Espagne républicaine, que ce pays est devenu «la patrie élue de Dieu». Une célébration religieuse à Rome salue cette victoire.

La guerre terminée, la rechristianisation de l'Espagne se réalise sans obstacle: l'enseignement est confié quasi exclusivement aux religieux avec catéchisme obligatoire accompagné d'une réintroduction de signes ostentatoires chrétiens dans les salles de classe. Une police de la pensée se substitue au système éducatif. Deux décennies après la fin de la guerre civile, des membres de l'Opus Dei entrent au gouvernement en 1957 et le 25ème anniversaire de la prise du pouvoir confirme le dictateur dans son rôle de «défenseur de l'Eglise et chevalier du Christ». Sans que ne s'émeuve le Vatican, alors que le régime pourchasse, emprisonne, torture, exécute toujours les démocrates espagnols.

L'Eglise catholique a-t-elle-fait amende honorable sur cette terrible époque de son histoire?

"La béatification dimanche en Espagne de plus de 500 religieux, pour beaucoup morts pendant la guerre civile aux mains de miliciens républicains, a provoqué l'indignation des victimes du franquisme dans un pays qui peine à faire la lumière sur les exactions commises à cette époque", écrit le journal l'Indépendant du 14 octobre 2013.

"Je m'unis de tout coeur à tous les participants à la célébration", a déclaré le pape François dans une vidéo enregistrée qui a été saluée par des applaudissements nourris à Tarragone, où les organisateurs attendaient notamment 2.720 religieux et près de 4.000 proches des béatifiés.

Le gouvernement conservateur espagnol était représenté par ses ministres de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon, et de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz. Le président de la région de la Catalogne, Artur Mas, était aussi présent. Dédiée aux "martyrs du XXème siècle en Espagne", la cérémonie de béatification de 522 religieux, morts pour la grande majorité pendant la guerre civile espagnole qui a déchiré l'Espagne entre 1936 et 1939, était présentée par les médias espagnols comme "la plus grande béatification de l'histoire de l'Eglise".

(...)

Pour les associations de victimes de la dictature de Franco (1939-1975), la béatification était bien un "acte politique d'affirmation franquiste". "Vous devez savoir que l'Eglise catholique a soutenu le soulèvement militaire de Franco contre la République espagnole en 1936, a considéré la guerre civile comme ''une croisade'' en soutenant les généraux qui s'étaient soulevés, a légitimé la dictature fasciste et la féroce répression que celle-ci a exercée sur les Espagnols", a écrit la Plateforme pour une Commission de la Vérité sur les crimes du franquisme, dans une lettre adressée au pape François et diffusée vendredi.

"Après la mort du dictateur, rien n'a changé. (...) D'un côté, la hiérarchie catholique espagnole (...) honore certaines victimes avec des béatifications et canonisations en masse et de l'autre, elle oublie celles de la répression franquiste", poursuivait-elle en réclamant l'annulation de la cérémonie.

Parmi les secteurs les plus progressistes de l'Eglise, minoritaires en Espagne, des voix s'étaient aussi élevées avant la béatification. "Soixante-quinze ans après ces faits, la hiérarchie de l'Eglise catholique semble vouloir maintenir ouvertes les blessures, en honorant massivement les victimes d'un seul camp", écrivait fin septembre dans un éditorial Redes Cristianas, une plateforme qui dit réunir "plus de 200 (...) mouvements catholiques de base" en Espagne.

Malgré la pression internationale accrue ces dernières semaines, avec une demande des Nations unies d'enquêter sur le sort de dizaines de milliers de disparus du franquisme et une enquête ouverte par la justice argentine, l'Espagne invoque une loi d'amnistie pour refuser d'ouvrir ce douloureux dossier. "

Loi d'amnistie qui arrange aussi l'Eglise de Rome.

Ci-dessous, des dignitaires catholiques espagnols avec un général factieux.

Juillet 1936: Guerre d'Espagne, la religion catholique prend fait et cause pour le coup d'état militaire

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