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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Take Eat Easy: à Paris en vélo, on dépasse les taxis

A Paris en vélo, on dépasse les autos, vous connaissez sans doute la chanson. Take Eat Easy également. C'est une startup belge créée en 2013. La startup, comme dit Wikipédia, est "une jeune entreprise innovante à fort potentiel de croissance". Fermer les guillemets comme ils disent à la téloche.

En fait de fermer les guillemets, ladite startup a mis la clé sous la porte. Son communiqué du 26 juillet 2016 précisait:"Face à cette situation et après s’être battus avec tout notre cœur, envisageant toutes les options possibles, nous avons malheureusement dû prendre la difficile décision de déclarer la société Take Eat Easy en cessation de paiement et suspendre les opérations".

Sur le papier, la startup affichait une santé économique au beau fixe avec une implantation dans 20 villes européennes en une année. Le nombre de ses clients avait bondi de 30 000 à 350 000. Sa croissance atteignait 30 % par mois. Et les coursiers à vélo n'étaient pas des salariés, mais des auto-entrepreneurs qui pédalaient à vélo, pour dépasser les taxis et les autos, afin de livrer des courses à des clients.

La cessation d’activité souligne les failles du modèle économique de la startup. Il se base sur des levées de fonds pour alimenter en permanence sa trésorerie. L’aventure se stoppe lorsque la sartup se retrouve sans aucun investisseur prêt à parier sur elle une énième fois.

Deux autres startups sont toutefois sur la ligne de départ pour livrer à nouveau à vélo, avec des auto-entrepreneurs qui pédaleront. Ben oui, le capitalisme est libre de faire ce qu'il lui plait et le Code du travail toujours rangé dans un placard, en attendant que le pouvoir socialiste et le patronat l'enterrent définitivement.

Auto-entrepreneur, ce n'est pas salarié, c'est patron et donc pas de droit aux assedic. Mais comme dit Emmanuel Macron, le banquier d'affaires devenu ministre dans un gouvernement socialo: "Tous les jeunes Français rêvent de devenir patrons entrepreneurs."

En tout cas pour ceux de Take Eat Eas, pas un radis au moins depuis juillet 2016 et le communiqué du pdg est tombé sans avertissement le 26 juillet. Oui, toujours le capitalisme libre et non faussé qui fait ce qu'il lui plait.

Mais comment ça marchait Take Eat Easy ?

À 23 heures, on se connectait chaque lundi soir sur le site Internet pour s’inscrire aux plages horaires du midi et du soir. Avant cela, les valets auto-entrepreneurs à vélo sont évalués en permanence par un système de notation le plus opaque. Toujours le capitalisme libre et non faussé. Matthieu s'en explique dans l'Humanité: "Si on annulait une session de travail moins de 48 heures avant son heure prévue, on prenait un strike. À partir du deuxième strike, on perdait nos bonus, au troisième, on était convoqué, au quatrième, on était évacué du réseau."

Pas de droit de grève, puisque pas de contrat de travail et en cas d'accident du "travail", la couverture revient à l'auto-entrepreneur. La startup, quant à elle, sans travailleur sous sa subordination, ne paie pas de charge sociale et de ce fait plombe le trésor public.

L'Humanité ne dit pas si la startup fournissait les chaines les vélos pour livrer des courses.

A mon avis, ça serait vraiment con. Ben oui, business is business, comme ils disent depuis toujours au Parti socialiste quand il n'est plus dans l'opposition mais au gouvernement.

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