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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Radio « NO PATXARAN » (le patxaran: la liqueur des Dieux basques)

Chers amis et camarades et amies, Ici « Radio  No patxaran », la radio non liquoreuse.

1. Manuel Valls n’a pas « dévasté » le groupe socialiste, comme éditorialisent les médias. Les députés socialistes se sont laissés dévaster. Ils se sont pliés, délibérément, une nouvelle fois, à l’insu de leur plein gré, parce qu’ils partagent l’orientation sociale-libérale de leur parti, et parce que la soupe est bonne. Entre une investiture pour 2017 et les quelques restes (chez quelques uns) de mauvaise conscience: y’a pas photo !! Qu’un gamin craigne des « sanctions » familiales, passe... Mais que des représentants de la République « se couchent » 49 fois sous la menace d’un fort en gueule version « tigre de papier », il faut vraiment qu’ils aient sommeil .

2. Quant aux « flingueurs », leurs frondes ne vont pas jusqu’au bout de leurs responsabilités. A vouloir à la fois « censurer » le gouvernement et participer à la primaire « Sauvons le soldat Hollande », leurs couteaux perdent toute lame. En ont-ils eu un jour ? Quant à Montebourg, il n’en finit pas de montebourguer, de faire le grand écart. Attention aux déchirures musculaires !

3. Comment donc être « lisibles » si l’on bâtit une stratégie politique, partiellement certes, sur des sables mouvants, sur de la pacotille, sur des caméléons politiciens, sur de l’électoralisme à quatre sous ? Après les 49.3, la dérive liberticide du pouvoir , la répression « de gauche », qui peut se faire encore des illusions sur « les socialistes », les « bons » ; les « mauvais » ? Depuis longtemps déjà, les masques sont tombés. Et encore ; encore une nouvelle fois. Combien en faudra-t-il pour bannir cette maladie tenace : la « socialo-dépendance » ? Pour bâtir une « majorité sociale » solide ; pour travailler à la convergence de tous les secteurs, courants, organisations, mouvements, anticapitalistes, et ouvrir au « mouvement social » enraciné un débouché « radical », de rupture avec le système ?
Les gouvernants hollandistes et les dirigeants du PS s’accordent sur l’essentiel : en finir avec la gauche de transformation sociale, avec toute approche de « lutte des classes », comme si l’on pouvait empêcher le soleil de briller, liquider la CGT, « à la méthode Tchatcher », « recomposer » les forces syndicales et politiques, fragmenter, diviser, disputer à la droite le titre de champion d’Europe des gérants loyaux du système et de l’« alternance» sans risques pour le capital.
Comment attendre d’un cognassier qu’il donne des oranges ?

5. Heureusement qu’il nous reste l’instrumentalisation du fouteubool. A la une du « Figaro » du 12 juillet, le spécialiste des buts contre son camp pose, entouré de Noirs, de Blancs, de Métis ; tous bleus, « inconsolables », et le chef de l’Etat, « aficionado » désintéressé, « tente de les consoler ». Tiens, tiens ... Il y aurait-il les bons et les mauvais « étrangers » ? « Regrets éternels » écrit le quotidien.
Cette équipe, selon un Catalan fils de l’immigration huppée, était « invincible » à domicile. Faut croire que le dos mi cible était mal ciblé. En tout cas, pas Ronaldo, qui prit un sacré tampon dès le début... J’étais devant la télé, sans favori, juste pour voir des artistes, certes scandaleusement friqués, mais artistes quand même : le « duende » de Ronaldo, les facéties des surperdoués Renato Sanches, le « maestro » « Grizou », Antoine Griezmann, l’infatigable et virevoltant Coman, Paul Pogba, le bulldozer haut de gamme, la forteresse du Real, Pepe... A partir de « la blessure » de Ronaldo, je l’avoue, je me suis « portougalisé ». Aujourd’hui, en lisant de nombreux commentaires, j’ai l’impression que ces pauvres « sudistes », jamais couronnés, « saudadisés», ont volé leur victoire. « Motivés, motivés, motivés !!». Le chauvinisme oublie que l’on joue aussi au ballon avec la tête, et avec la tronche.

6. Emmanuel Macron, lui, le caïmanesque ministre de l’Economie (grande fortune malgré lui), modeste ailier droit, lui, des Bleus gouvernementaux, « tacle », selon le terme de nombreux journaleux clonés, le petit chef (de l’Elysée). Deux jours avant la dernière intervention publique hollandaise du quinquennat (prions pour que le quinquineur arrive à terme sans chuter au-dessous des 5%), Manu, lui, se fait « une Mutu » médiatisée à mort. Poings serrés et cravatés. En arrière toutes encore plus vite ! Des clichés qui puent le sarkozysme ripoliné.
Cela ne se fait pas camarade banquier; griller le président, cela relève des mauvaises manières, de la subversion totale par le bottin bourge, les réseaux financiers, les clubs de riches, les vrais flambeurs, les affameurs, les parachutés dorés... les loups, oups ! Rien à voir avec le partage naturel des tâches et des rôles, par les maîtres du pouvoir, afin de continuer à remplir leurs coffres à pépètes, quelle que soit la casaque « libérale » du candidat ou de l’élu. Eux, ils savent faire converger, et sur l’essentiel, sur des positions de classe. « Primaire mon cher Watson ! ». Primaire !

Note de ma pomme: Une fois encore, grand merci à Jean Ortiz.

Et en parlant de lutte des classes, ce ne sont pas les travailleurs détachés qui viennent bouffer le pain des Français. C'est l'UE qui, par l'une de ses directives réactionnaires, a créé le moins disant légalisé pour satisfaire le capitalisme. L'UE n'est qu'un outil au service du capitalisme. Vouloir l'humaniser, la rendre plus sociale, revient à vouloir aussi réformer la social-démocratie qui gère le capitalisme loyalement dans toutes les parties du monde. On ne réforme pas le capitalisme et ses soutiens, on le combat. Pour une politique de paix et de progrès, pour une politique de solidarité internationaliste.

C'est ce que déclarait la CGT autrefois lorsque le PS de l'époque au gouvernement faisait voter l'adhésion de la France au Marché commun déjà libre et non faussé. Pourquoi les tenants gauche dite radicale d'aujourd'hui l'ont oublié? Parce qu'il faut faire jeune à tout prix et surtout recevoir l'aumône de Bruxelles en demeurant dans un Parlement européen croupion?

Car en fin de compte, les catégories populaires, les plus exposées au joug capitalisme, ne font aucune différence dans les institutions européennes et qui fait quoi à l'intérieur. A vouloir s'engloutir dans ce marais, la bête immonde ressurgit imanquablement et ce ne sont pas les meilleurs propos qui vont la combattre. Mais des actes forts et sans ambiguité dans la cité ou les entreprises. Les lois Macron et el Khomri -ce ne sont qu'un exemple hélas- ne sont que l'application en France des directives de Bruxelles. Et ne pas le dire est une faute.

J'écris cela un 14 juillet 2016 et pas pour passer le temps.

Radio « NO PATXARAN », par Jean Ortiz

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