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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Destruction du Code du travail, Myriam El Khomri n'exclut pas le recours au 49-3

La ministre du Travail(sic) doit présenter son texte destructeur lors du Conseil des ministres du 9 mars prochain. Ce projet d'éradication du droit du travail est paru dans la presse et sans que les syndicats, soi-disant partenaires sociaux(sic), en aient été informés.  Mais il n'est que la suite logique du rapport Combrexelle, juriste de droite, et de celui de Robert Badinter, lui juriste de gôche. Comme quoi, encore et toujours bonnet blanc et blanc bonnet.

De ce fait, la future loi de Myrian El Khomri n'est ni plus ni moins que le copier-coller des revendications du patronat, de la droite et de son extrême droite. En outre, celle qui n'a jamais bossé pour un patron de toute sa vie n'hésitera pas à user le 49-3 devant le Parlement pour passer en force.

Myriam El Khomri le dit tout de go dans Les Echos, ce 18 février: "Nous prendons nos responsabilités", manière de dire que si ça grince, le texte passera sans vote des parlementaires.

Dans son communiqué, la CGT résume le projet gouvernemental ainsi: "ce texte remet fondamentalement en cause les droits et protections des salariés, au profit des intérêts financiers du patronat et des actionnaires."

Il reste donc à engager la riposte.

Côté politique, je me demande toujours comment peut-on poursuivre à être dans les exécutifs des régions, des communes et des départements dirigés par le Parti de François Hollande & co. A moins que dans ces collectivités territoriales, le PS adoptait une politique de progrès et de justice sociale. Mais ça, cela se saurait, non?

Communique de la CGT:

Le premier article du Code du travail, repris dans le rapport Badinter, oblige le gouvernement qui envisage une réforme qui porte sur les relations de travail, à organiser une concertation préalable avec les organisations syndicales de salariés et d’employeurs représentatives en vue de l’ouverture éventuelle d’une négociation.

Rien de tel n’a été fait !

Lors des rencontres avec le ministère du travail, jamais nous n’avons pu connaitre la teneur exacte des dispositions du projet de loi. C’est aujourd’hui que la CGT, sans en avoir été destinataire, a pris connaissance du contenu de ce texte suite à sa diffusion par un quotidien national. Cette diffusion ayant été reprise et le document largement commenté.

C’est une drôle de conception des relations sociales que le ministère met en œuvre écartant les organisations syndicales du débat. Est-ce préfigurateur du contenu d’un « nouveau » code du travail ?

Il est intolérable que la CGT ne soit pas en possession de telles informations alors que ce sont les droits essentiels des salariés qui sont attaqués.

En effet, les différents rapports parus ces derniers mois, Combrexelle, Badinter et les expressions ministérielles, nous confirment que ce texte remet fondamentalement en cause les droits et protections des salariés, au profit des intérêts financiers du patronat et des actionnaires.

En première ligne de la casse des garanties collectives, ce sont les 35 heures qui sont attaquées.

Alors même que la réduction du temps de travail favorise la création d’emploi, comme la mise en place des 35 heures l’a démontré, ce gouvernement entend donner un blanc-seing aux entreprises pour déréglementer le temps de travail et avec lui la santé, la vie personnelle et familiale des salariés.

Ce n’est pas en facilitant les licenciements, en insécurisant les salariés et en développant la précarité que l’on réduira le chômage mais bien en diminuant la durée du travail et en augmentant les salaires.

Montreuil, le 17 février 2016

Note de ma pomme: Je partage l'avis de ma confédération sur les attaques frontales du gouvernement contre le Code du travail au profit du patronat et de la finance.

Pour autant, dans notre société, quand le capital et ses alliés politiques ont informé la CGT pour mettre en oeuvre leur politique réactionnaire? Les droits conquis par les travailleurs l'ont été par les luttes de la CGT, avec dans le pays une organisation politique révolutionnaire qui les portait au Parlement. Et ces droits conquis n'ont jamais été issus d'entrevues dans des corridors ou les salons des palais de la République.

Concernant la CGT qui prépare son 51e congrès, sa place et son action ne doivent pas se séparer des statuts qui forgent son identité depuis sa naissance en 1895: être envers et contre tout une organisation syndicale démocratique, de masse et de classe contre le capitalisme.

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