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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Nouveau Code du travail: nouveau cadeau au MEDEF

Sous les applaudissements du patronat et de ses courroies de transmission que sont la Cfdt & Co, le palais de l'Elysée et le PS s'engagent à détruire le Code du travail.

Ledit Code est édité en 1911, sous les effets conjugués de la jeune CGT et des socialistes, parti siègeant avec Jean Jaurès à l'extrême-gauche à cette époque.

Durant des décennies, le travail se caractérisait par la "liberté contractuelle" entre le travailleur et son patron. Ce que veut instaurer le gouvernement actuel. Certains libertaires ont pu fustiger le Code du travail comme un outil de soumission. Mais comme écrit Karl Marx:"Le travailleur libre, qui se rend sur le marché libre pour y vendre sa peau, doit s'attendre à être tanné".

Le Code du travail comporte alors 5 titres: le contrat d'apprentissage; le contrat de travail; le salaire; le placement des travailleurs; les pénalités à l'encontre des employeurs qui ne les respecteraient pas. Il ne comporte que 14 pages en tout et pour tout. Or, Eugène Touron, sénateur de droite, porte-voix du patronat, lance au gouvernement: "Vos lois sociales coulent une industrie déjà fragile". Oui, déjà.

 

COMMUNIQUE DE LA CGT

Un long discours pour expliquer à ceux qui ne l’auraient pas encore compris que le responsable du chômage, de la crise, c’est la complexité du Code du Travail, son contenu illisible et confus. Les entreprises n’y comprendraient rien, les salariés non plus.

« Il convient donc de le refonder » nous dit Manuel VALLS avec l’objectif de rendre les entreprises plus compétitives tout en protégeant les salariés « avec des garanties plus adaptées aux évolutions de notre économie ».

Pour ce faire, un projet de loi « élaboré dans le dialogue avec les partenaires sociaux » sera présenté… début 2016 sans pour autant en préciser ni le contenu ni la forme. De qui se moque-t-on !

L’objectif est clair : définir un socle de droits minimums (SMIC, congés payés, durée légale du travail) et renvoyer tout le reste aux accords de branches ou d’entreprises avec y compris possibilité de déroger au socle minimum.

Le but n’est pas de « simplifier, négocier, et sécuriser » mais bien de simplifier, déroger et affaiblir les droits !

Comme si rendre plus simples les licenciements favorisait l’emploi.

Bien que le Premier ministre s’en défende, c’est bien du renversement de la hiérarchie des normes dont il s’agit.

Le Code du travail ne protègerait plus mais deviendrait la voiture balai équipée d’un seul socle de droit minimum au rabais.

Nous ne sommes pas loin de la négociation de gré à gré, rêve à peine caché de Pierre GATTAZ et consorts. Manuel VALLS est d’ailleurs clair, puisqu’il indique que la réécriture du Code du travail ne se ferait pas à droit constant.

En l’état, les annonces du Premier ministre sont plus qu’inquiétantes et donnent la part belle aux revendications du MEDEF. Elles se situent dans la continuité des lois précédentes considérant que le travail et les droits qui l’entourent sont des obstacles à la compétitivité des entreprises.

Aux grands maux, mauvais remèdes !

Ce dont notre pays souffre ce n’est pas de la complexité du Code du travail qui doit garantir les mêmes droits pour tous mais du coût du capital, de l’appétit des actionnaires, de l’évasion fiscale, de la précarité, du chômage de masse et d’une politique qui ne cesse de tourner le dos aux intérêts des salariés.

La CGT alerte les salariés de la dangerosité de ces annonces et restera à leurs côtés pour exiger des garanties collectives de haut niveau et un code du travail protecteur de tous.

Montreuil, le 4 novembre 2015

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