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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

OuiBus est une filiale de la SNCF. Elle exploitait un service de voyageurs par car longue distance en Europe depuis 2012. Dèsormais, avec la loi Macron, elle s'est jetée sur le transport voyageur en France, plus vite que la misère sur le pauvre monde. Bien entendu, les chauffeurs de cars, qui sont dits capitaines, ne bénéficient pas du statut des cheminots et donc pas non plus du suivi professionnel et médical existant pour l'instant dans le rail public. Ceci dit la SNCF qui se concurrence elle-même par la route (voyageurs et fret), ce n'est ni plus ni moins que la concurrence libre et non faussée instaurée en dogme par l'UE capitaliste.

Mais je reviens à ce Lille-Paris par OuiBus prévu en 3h de trajet à un tarif des plus bas. Un étudiante à Sciences-Po Lille était du voyage et lu dans la Voix du Nord du 24 10 2015:"L’attitude du chauffeur était louche et inquiétante. Il ne contrôlait quasiment aucun billet ou du moins ne vérifiait aucun nom et laissait les gens entrer dans le véhicule (...)". Quand on connaît le prix du billet au ras des pâquerettes, en tenant compte des charges de l'employeur (salaires, amortissement et entretien du véhicule, etc)?

Le voyage se poursuit et puis paf dans le pif des passagers. Toujours dans la Voix du Nord: "La gendarmerie (c’est son rôle) arrête le car à 18 h, tique sur le défaut de ceinture et « surprise » découvre, lors du contrôle, que le conducteur à quelques soucis avec son permis : il n’a plus de points. (...) « C’est à 21 heures qu’arrive un nouveau chauffeur qui prend le relais et s’excuse promptement… »"

Merde, pas de permis de conduire et OUIBus qui ne vérifie pas ce minimum pour ses capitaines de route? Alors, là intervient le choeur des vierges interrogé par la Voix du Nord:

Cöté filiale de la SNCF: « Le problème, c’est que si nous pouvons contrôler que nos conducteurs possèdent bien le permis requis, il ne nous est pas légalement possible (contrairement aux gendarmes) de connaître leur nombre de points. Un décret est en cours de préparation. La discussion est engagée au ministère des Transports. Nous espérons que la loi évoluera… » Ah bon?

Côté Fédération nationale des transports des voyageurs, par la voix de son président Michel Seyt. Toujours dans la Voix du Nord de ce samedi:« Cela fait des années que nous évoquons cette situation auprès des différents ministères, sous différents gouvernements. (...) C’est un problème depuis l’instauration du permis à points. Les chefs d’entreprise ne peuvent savoir si leurs chauffeurs ont des permis valides, on leur oppose la préservation de la vie privée… »

Ce ne serait pas plutôt le dogme de la concurrence libre et non faussée? Et le ci-devant patron de la profession de rajouter: " Je souhaite également que les chauffeurs restent responsabilisés. Le permis de conduire est leur outil de travail. Ils doivent en prendre soin… » Ben voyons!

En attendant, depuis l'instauration du permis de conduire à points, au 1er juillet 1992, avez-vous vu la noble corporation patronale du transports des voyageurs par car, y compris la filiale de la SNCF, descendre dans la rue pour revendiquer le même suivi professionnel et médical des conducteurs de train?  Ou la transparence sur le permis à points de leurs salariés?

CQFD toujours au nom de la concurrence libre et non faussée.

OuiBus Lille-Paris: le conducteur n'avait plus de points sur son permis de conduire

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