Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Comme on dit charbonnier étant maître chez lui, il est normal qu'Alexis Tsipras, patron de Syriza dit de "gauche radicale", conduise les affaires de la Grèce. Syriza est le premier parti de ce pays et Alexis Tsipras s'est allié avec un parti de droite pour obtenir la majorité absolue au parlement.

En tant que chef du gouvernement grec, il participe aussi au Conseil européen, l'un des organes exécutifs de l'UE capitaliste. Ledit Conseil européen est composé des 28 chefs d'état et de gouvernement de l'UE, du président de la Commission européenne, de la haute représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité. Le Conseil européen est présidé par Donald Tusk, politicien polonais de droite. Et tout ce beau monde, de droite, de gôche et de "gauche radicale", s'accorde pour gérer le capitalisme sur notre vieux continent. Et tout ce beau monde n'a rien de technocratique comme on nous le bassine.

Fort donc de ces bonnes manières, François de l'Elysée va passer 2 jours en Grèce. Il y vient ce jeudi avec des ministres (normal pour coopérer dans la concurrence libre et non faussée), toute une palanquée de patrons (normal il y a des services publics à privatiser) et Jean-Louis Borloo, ancien grand ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Ce qui vérifie, une fois de plus, que blanc bonnet égale bonnet blanc.

Le parlement grec vient d'adopter une série de mesures antisociales ordonnées par l'UE qu'Alexis Tsipras va appliquer quasiment à la lettre. Notamment dans le domaine des privatisations, ainsi l'allemand Fraport s'apprête à prendre le contrôle de 14 aéroports grecs. Mais il reste du grain à moudre pour le patronat français dans ce domaine, d'où les nombreux patrons gaulois en goguette avec François Hollande pour cela.

Le journal de Pierre Laurent donne toujours quitus à son pote de parti européen qu'est Alexis Tsipras, au nom de la solidarité entre gauche radicale européenne(sic). C'est son expression, ce n'est pas la mienne.

Et pour conforter mon opinion, la déclaration à l'AFP de la porte-parole de M. Tsipras, Olga Gerovassili: Cette visite de la France a "une signification forte au niveau symbolique, mais aussi sur le fond. Au centre des discussions, il y aura la gestion de la dette grecque et la promotion des initiatives d'investissements qui vont contribuer à l'accélération de la reprise de l'économie et à la croissance".

Pour la gestion de la dette, François de l'Elysée est accompagne de Michel Sapin, son chambellan chargé des Finances, ce qu'on fait de mieux pour gérer le capitalisme en Gaule. Quant à "la promotion des initiatives d'investissements", lisons ce qu'écrit Le Point, hebdomadaire de droite, au sujet des privatisations: "elles sont désormais ouvertement souhaités par M. Tsipras, qui a accepté dans le plan -de Bruxelles note de ma pomme- la création d'un fonds de privatisation de 50 milliards d'euros, de quoi attiser les convoitises étrangères."

Cerise sur le gâteau, François Hollande prononcera un discours devant le parlement grec. Sans doute pour se réjouir que la "gauche radicale grecque" au pouvoir marche de concert avec la France et l'UE dans le sens de l'austérité.

François Hollande chez son ami Alexis Tsipras

Commenter cet article