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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Au-delà, en premier lieu, du respect dû aux victimes et à leurs proches et de la solidarité envers la population sinistrée, ne faut-il pas s'interroger sur ces inondations meutrières qui accablent l'arc méditerranéen français et désolent son arrière-pays?

Natif du bord du Golfe de Lion, j'ai toujours connu ce cataclysme, particulièrement en octobre, quant aux trombes d'eau du ciel s'allie le vent marin qui empêche le ruissellement pluvial dans la Méditerrannée. Ce qui induit que rivières et rus, pratiquement à sec le restant de l'année, se déchaînent en torrents dévastateurs et meurtriers.

J'écris meurtriers. Mais autrefois, du temps de ma jeunesse, les noyés se comptaient à peine sur les doigts d'une seule main et très souvent, il s'agissait de pure imprudence. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Pour les inondations les plus meurtières de ces dernières années: 1992, 46 morts dans le Vaucluse; 2002, 24 morts dans le Gard; automne 2014, 17 morts des Pyrénées-Orientales aux Alpes-Maritimes; 2015, peut-être 20 morts dans les Alpes-Maritimes. Pour cette année 2015, Météo France constate 4 à 5 évènements climatiques similaires que dans une année normale.

L'eau ne naît pas dans le ciel. La pluie est due à l'évaporation des mers et des océans, particulièrement de la Méditerrannée qui se réchauffe chaque année davantage. Son eau chaude qui s'évapore, va à la rencontre des masses froides de l'atmosphère qui se liquéfient à son contact sur un endroit, faisant pleuvoir en peu de temps l'équivalent parfois de plusieurs mois de précipitations. Lorsque les vents marins soufflent en direction des terres, le déluge ne s'évacue pas.

Ces phénomènes extrêmes existent sur l'arc méditerranéen depuis presque la nuit des temps. Mais autrefois, pour en revenir à mon Languedoc natal, vignes et champs entretenus, et la myriade de ruisseaux autour, n'empêchaient pas le ruisselement, même celui d'un déluge. Certes, vignes et champs se retrouvaient parfois sous les eaux, ainsi que quelques faubourgs. Cela empêchait la vendange, mais sans causer trop de dégats.

De nos jours, avec le réchauffement climatique induit par la société capitaliste, l'urbanisation à outrance et la désertification des campagnes forcée par l'UE, des zones fortement bétonnées et donc imperméabilisées, des sols en jachère sans canaux d'irrigation sont autant de facteurs pour des flots meurtiers. Sans parler de construction nouvelles sur les bords d'un cours d'eau ou dans des zones réputées inondables depuis des siècles, mais donc les édiles municipaux se fichent par clientélisme. Sans parler des automobiles qui, avec des embacs, forment des barrages dans les rues ou les lits des cours d'eau.

Si le capitalisme est maître de notre société, il l'est également de la nature et de l'environnement du genre humain. Et prétendre faire de l'écologie, sans combattre le capitalisme, c'est faire prendre carrément des vessies pour des lanternes.

Que l'on se comprenne bien. Je ne cherche pas à retourner au temps de la chandelle et de la corvée quotidienne d'eau à la fontaine municipale.

Mais il faut apprendre du passé pour vivre aujourd'hui, avec les moyens modernes d'un état comme la France. Or, quand j'entends que ERDF ne met que 100 agents dans les Alpes-Maritimes pour rétablir l'électricité, quand le patron régional de la SNCF en met autant si peu pour remettre en sécurité les installations ferroviaires, on voit là toute la destruction des services publics opérée par le capitalisme de droite ou de gôche. Et la réduction des effectifs dans la sécurité civile, sur les routes ou à Météo-France s'ajoute par-dessus. Toujours moins de fonctionnaires ou d'agents à statut, sur lesquels la pensée unique, de droite, de son extrême, ou de l'Elysée, crie haro!

Les inondations meurtières, en France ou ailleurs, ne sont pas l'expression d'un être divin. elles sont dues à la volonté du capitalisme d'accroître ses profits et la domination de notre planète. En en matière d'écologie, quoique le proclame EELV ou ce qui en reste, la lutte des classes est plus que jamais à l'ordre du jour.

Flots meurtriers sur la côte d'Azur: calamité céleste ou politique?

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