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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

"Accord Smart" ou payez pour bosser: le capitalisme n'est jamais pour le progrès social
En 2013, le patronat se frotte les mains. La gôche au pouvoir, avec ses frondeurs inclus, et l'aide d'auxiliaires syndicaux(sic) comme la Cfdt ou la Cgc, lui a offert les accords ANi dit de compétitivité emploi. C'est à dire une négociation au niveau de l'entreprise et fi du socle général contenu dans le Code du travail. Code du travail sur lequel les lascars de la pensée unique, cités plus haut, crient haro. Cela, c'est pour la France.
 
En Europe, l'UE capitaliste qui la dirige, facilite les délocalisations et impose le statut de "travailleur détaché", pour mettre en opposition frontale les travailleurs européens. En vertu de la concurrence libre et non faussée. Et comme la CES, le machin chose syndical européen est aussi d'accord avec l'économie dite de marché, tout bénef pour le patronat.
 
Smart profite de ces deux aubaines. La société met en concurrence directe ses travailleurs de la Moselle et ceux établis en Slovénie avec Smart et Renault-France.
Si vous ne le saviez pas, Smart est une marque de bagnole créée en 1994 sous l'impulsion du groupe horloger suisse Swatch et du constructeur allemand Mercedes-Benz, auxquels coopère(sic) le groupe Renault bien de chez nous et dans lequel la France de François de l'Elysée détient des actions. Est-ce que vous suivez toujours?
Je continue donc. Dans le cadre de la concurrence libre et non faussée et de l'accord ANI Medef-Cfdt, Smart Moselle fait du chantage.
Soit je délocalise en Slovénie et vous mes salariés de Gaule vous pointez à Pôle emploi, soit vous bossez plus en étant payés moins et vous gardez votre turbin jusqu'en 2020.  C'est à dire à compter du 1er octobre, passage de 35h à 37h, puis de 37 à 39 heures en 2016, 2017 et 2018, tout en étant payé pour 35 heures, avant de revenir à 35h quand les poules auront des dents... soit à 35h en 2020.
A la clé, une petite prime de 1 000 euros versée deux fois en deux ans. Oui, faut pas brider le bénef des actionnaires et une petit coup de pouce salarial, lequel ne compense pas du tout de bosser 39h et être payé pour 35 heures.
 
Les bulletins de vote proposés aux salariés. En contrepartie de l'effort qui leur est demandé (39 heures payées 37 heures et réduction des RTT pour les cadres), le constructeur allemand garantit un maintien des emplois jusqu'en 2020.
56% des salariés de Smart France ont dit oui à leur patron.
Sans que ne s'émeuve avant ce vote la nouvelle ministre du Travail. Surtout que Emmanuel Macron, son copain chargé de l'Economie, avait dit tout le mal qui pensait des 35h devant le patronat français réuni en conclave.
 

Mais si on détaille le scrutin:

  • 74 % des 385 cadres ont dit oui
  • 39 % des 367 ouvriers ont aussi voté oui, quand 61% ont refusé le chantage à l'emploi.

C'est ce qu'on appelait autrefois une conscience de classe, tant il est vrai que les droits conquis par les travailleurs contre le capitalisme furent le fruit des luttes ouvrières et pas celui des gardes-chiourme du patronat.

Bon, si nous nous remettions à la lutte de classe, mes camarades. Mais sans faux-semblant avec des organisations démocratiques de masse et de classe. Evidsemment, je ne parle pas là du congrès de la CES qui se tiendra prochainement à Paris, l'un de ces outils du réformisme qui souhaite humaniser le capitalisme au lieu de le combattre.

Canaille le Rouge a écrit également à ce sujet. En lien

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