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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Prise d'otages à Rouen ou Xavier Beulin, patron de la FNSEA et de Sofiprotéol

Dokers de Rouen, une des plus vieilles professions de la ville portuaire. Les marchands de blé formaient une corporation puissante à Rouen. Située sur la Seine à 80 kilomètres de la Manche, Rouen depuis des siècle est un grand port fluvio-marin. Les céréales récoltées y convergent encore aujourd'hui , c'est le premier port céréalier d'Europe et le numéro un au monde pour le blé, ce qui permet à Xavier Beulin de faire le sien. Pris sur Canaille le Rouge.

Du temps de l'activité professionnelle de Canaille le Rouge, à l'époque où la SNCF se faisait un point d'honneur de réaliser du trafic voyageurs et marchandises, il était coutumier de regarder le cours des céréales à la bourse de Chicago (qui donnait le "la" de la spéculatuion en la matière) pour voir si des trains issus des silos beaucerons (dont ceux de Beulin) devraient (vides) aller charger et partir (pleins) livrer leur précieux chargement au port de Rouen qui est aux céréales ce que le port du Havre est aux containers (ou Antibes aux yachts de luxe).

Canaille le Rouge ne savait alors pas que la verticalité et l'horizontalité de l'organisation de groupes comme Sofiprotéol permettaient de faire son beurre avec la fabrication d'huile (dont lesieur) la nourriture des troupeau (tourteaux) et que la spéculation sur le cour des grains permettrait à Beulin d'entasser son blé. 

Le capitalisme n'est grand que sachant garder à l'ombre ses mystères.

Un article de Paris Normandie (lien ci-dessous) du 27 aout 2015, presque anodin, mais qui dans la période éclaire la nature revendicative du patron de la FNSEA.

« Le groupe Sénalia, qui exploite les plus importants terminaux portuaires céréaliers et agro-industriels du port de Rouen, ne peut plus charger, ni décharger navires et péniches sur ses sites rouennais depuis la fin de la semaine dernière. La cause ? Une grève illimitée, reconductible chaque jour, des vingt-cinq dockers du manutentionnaire URA (Union rouennaise d’acconage) en conflit avec leur direction.

Nous sommes les otages de ce mouvement », assure le directeur général de Sénalia, Gilles Kindelberger qui aimerait pouvoir vider les 400 000 tonnes de céréales stockées actuellement dans ses silos du port de Rouen, pleins comme des oeufs. « Toute la chaîne d’approvisonnement est bloquée, jusqu’à nos coopératives adhérentes qui sont impactées ».

Arrivé à ce moment, la question est à poser : connaissez-vous Saipol ?

"SAIPOL

Saipol est une filiale industrielle de Sofiprotéol. Saipol favorise la création de valeur à chaque étape de la filière afin de permettre à chacun de vivre de son métier, développe et structure la filière française des huiles et protéines végétales.
Trituration et raffinage sont les premières étapes indispensables dans la valorisation du colza et du tournesol.
A partir du colza et du tournesol, Saipol produit des huiles végétales brutes et raffinées, destinées à l’alimentation, les biocarburants et la chimie. Les coproduits de l’extraction de l’huile, appelés tourteaux, sont commercialisés dans les filières de nutrition animale.

Saipol est le leader français du secteur et dispose d’une capacité de transformation de 4 millions de tonnes de graines, soit de l’ordre de 70 % des capacités nationales.

Sénalia assure la prestation logistique pour le compte de SAIPOL."

 

C'est la présentation qu'en fait son site internet

Le patron de Sofiprotéol, comme chacun  commence à le savoir, est l'innérable Xavier Beulin, syndicaliste agricole bien connu, le Berger de la FNSEA pour qui la lutte revendicative revient à aider à la suppression des petites exploitations et à demander des financements publics pour faire passer la potion refusée par les petits producteurs.

Ce qui est plus que croquignolet, c'est de voir le directeur de la boite présidée par celui qui encourage à envahir Paris de tracteurs, qui légitime la mise à sac de la mutalité agricole, dont les activistes sont connus pour mettre le feu aux gares et aux préfectures crier à la prise d'otages. 

Au coeur du conflit l'antagonisme de classe qui est le quotidien du syndicalisme de lutte : salaires, effectifs, conditions de travail et rémunération.http://www.port-de-rouen--les-silos-de-senalia-bloques-par-une-greve-de-dockers#.Vd_3vfbtluB

Sachant que Sénalia (X. Beulin) est actionnaire à 34% de l'entreprise en grève, l'argumentation de la direction est plus que spécieuse. Elle tente des manoeuvres dilatoires pour contourner le conflit. Dès lors, la CGT des dockers menace de le généraliser sur le bassin portuaire. 

Valls va-t-il envoyer ses CRS comme Jules Moch savait le faire ?

On attend avec impatience la réaction des petits producteurs qui appelait à cette solidarité qu'il n'ont jamais manifesté pour les gars de Conti ou Goodyear (qui pourtant directement ou par rebond travaillaient pour leur filière).

En attendant il est évident que les dokers, les salariés de la filière agro-industrielle ont la sympathie de Canaille le Rouge, sympathie qui pour qu'ils en prennent la mesure est à la hauteur du mépris qu'il professe à l'encontre des patrons de la FNSEA.

 

Pour mesurer ce que pèse Sénalia:

Prise d'otage à Rouen, mais que fait Jeanne d'Arc ?

 

2013/2014 est restée stable par rapport à la campagne précédente avec près de 7 millions de tonnes manutentionnées

 

Ces 7 millions de tonnes font environ 4650 trains de 25 wagons, chacun pesant trois camions de céréales. Ce qui fait environ 350 000 camions près de 1000 par jours.

Cela aide à prendre la mesure de qu'est réellement ce curieux syndicaliste.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

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