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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Une tribune de Jean Lévy

Les fondés de pouvoir du capital européen, Juncker, Merkel, Hollande et beaucoup d'autres, sont scandalisés qu'un gouvernement ose dire NON à l'ultimatum lancé au peuple grec par l'Union européenne et le FMI. D'habitude, de Rome à Paris, de Madrid à Lisbonne, les dirigeants des pays de l'UE - en fait les porte-paroles des financiers de BusinessEurope (le Medef européen) - obtempèrent toujours aux oukases de Bruxelles...

 

D'où la fureur non contenue des maîtres à penser  de la construction européenne.

 

Ils s'étaient déjà étranglés de rage quand les Français et les Irlandais avaient dit NON à leur prétention hégémonique en 2005. Ces politiciens sans scrupule s'étaient aussitôt évertués à annuler la décision démocratique de ces deux peuples.

 

Et aujourd'hui, rebelote, une autre nation est appelée à décider souverainement de son avenir !

 

Aussitôt, c'est la mobilisation générale dans le camp de l'oligarchie financière. Il lui faut une réponse positive du peuple grec pour que le FMI et la BCE retrouvent les milliards placés dans les banques d'Athènes, car les fonds versés n'avaient pas pour objectif de pourvoir aux besoins vitaux de la population. Au contraire, il était imposé à celle-ci de se serrer de plus en plus la ceinture, pour rembourser les banquiers. On connaît le bilan de ce casse du siècle : la misère généralisée, la santé en péril, le petit peuple contraint de faire les poubelles...

 

Le gouvernement de Syriza, après de mois de « négociation » avec Bruxelles, sans pouvoir changer une virgule au plan d'asservissement « proposé » en appelle au peuple pour trancher. D'où la colère des financiers. D'où les pressions intenses exercées sur les Grecs par les autorités financières et politiques de l'Union européenne, pour que ceux-ci répondent OUI, Berlin comme Paris s'estiment en droit de dicter la « bonne » réponse au peuple hellène. C'est ça l'Europe !

 

Les dirigeants de Syriza, Tsipras en tête, croyaient (croient peut-être toujours), pouvoir convaincre Bruxelles du bon droit des Grecs, au prix de nouveaux sacrifices...Mais ceux-ci étaient insuffisants aux yeux des dirigeants européens, qui exigeaient tout. C'était trop ! D'où  l'appel au peuple pour trancher...

 

Une première leçon à tirer de cette crise : c'est une illusion d'espérer modifier la philosophie de la construction européenne, de faire de celle-ci un jardin d'Eden, une Europe sociale ! L'UE est une machine de guerre conçue dès l'origine pour établir un ensemble politique unifié au service du capital pour permettre à celui-ci de circuler librement, sans douane et sans frontière, avec à son service une main-d’œuvre, sans droit, corvéable à merci, et des peuples soumis, sans lois particulières qui les protégeraient, sans souveraineté pour garantir leur destin. En un mot, l'Union européenne ne doit être qu'un espace commercial  voué à la concurrence libre et non faussée.

C'est pour cela qu'elle a été, pas à pas, crée.

 

Les mafias ne peuvent être métamorphosées en ONG.

 

Dimanche 5 juillet 2015, la réponse du peuple grec peut ouvrir la voie à l'espérance d'une nouvelle libération, non seulement au pays de la première démocratie, mais chez tous les peuples d'Europe.

 

Jean LÉVY

 

Pris sur Michel el Diablo

Référendum en Grèce: le 5 juillet ou un 14 juillet pour ce pays et l'Europe

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COTTY 02/07/2015 11:42

Excellente analyse.
Merci Jean Levy