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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Etat d'urgence en Tunisie, un communiqué de l'UGTT

Quelques jours après l’attentat meurtrier dans un complexe touristique de Sousse, le président tunisien a annoncé le rétablissement de l’état d’urgence pour une durée de trente jours renouvelable.

Des pouvoirs spéciaux sont attribués aux forces de l’ordre, des libertés sont interdites, notamment le droit de grève et de manifestations.

Dans son allocution à la nation, le président de la Tunisie a visé les "retombées néfastes des grèves" et assimilé les grèves à des actes de "désobéissance civile". Tant que durera l’état d’urgence, "toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et des publications" pourra être prise.

 

Déclaration de l'Union générale des travailleurs tunisiens, 7 juillet 2015:

Le bureau exécutif de l’UGTT, qui s'est réuni aujourd'hui, exprime ainsi son soutien aux mesures prises pour lutter contre le terrorisme, appeler à la mobilisation générale et mettre en alerte des forces nationales, dans le cadre d’une stratégie globale qui concerne tous les domaines. Il appelle à ne pas sous-estimer le danger imminent et souligne que la défense la Tunisie passe au premier plan des priorités nationales.

Cependant, l’UGTT pense que la déclaration de l’état d’urgence est prématurée compte tenu du fait que la guerre contre le terrorisme est de longue haleine et que les groupes terroristes sont généralement cachés et perfides. Elle appelle à éviter tout discours qui pourrait donner, devant ces groupes terroristes, une impression de la faiblesse des institutions sécuritaire et militaire. La centrale syndicale appelle à remédier aux messages négatifs qui résulteront à cause de la déclaration de l’Etat d’urgence, pour que la Tunisie puisse retrouver la confiance des investisseurs dans sa stabilité et dans sa capacité à fournir un climat adéquat pour l’investissement.

L’UGTT renouvelle aussi sa condamnation de ce qu’elle appelle les tentatives de certains de semer la confusion entre le terrorisme et l'exercice des droits constitutionnels tels que le droit de grève, la liberté d'expression et d'information ainsi que le droit d'accès à l'information, etc. Elle exprime ses craintes face aux tentatives de certaines parties de porter atteinte aux droits économiques et sociaux tout en exploitant cette circonstance pour la violation des libertés, la privation des droits et l’encouragement à des intérêts partisans au détriment ce ceux du pays.

La centrale syndicale souligne l’importance d’unir les efforts nationaux pour prendre part à la guerre contre le terrorisme via le partage des charges et des sacrifices, chacun selon sa capacité, tout en refusant que seuls les salariés supportent le poids des répercussions de la situation actuelle du pays. Elle estime que faire participer les composantes des sociétés civile et politique à la prise des décisions stratégiques est une question urgente qui permettra d’unir tout le monde autour de la guerre contre le terrorisme.

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