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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

C'est reparti mon kiki: en route pour l'Europe sociale!

Certes, le référendum, proposé au peuple grec par son gouvernement, n'était pas pour ou contre la sortie de la zone euro ni encore moins pour la sortie de l'UE capitaliste. Dont acte. Mais il me semble que l'on persiste à faire prendre des vessies pour des lanternes. Pourquoi j'écris cela...

Alexis Tsipras, chef du gouvernement grec, a reçu tous les partis politiques, sauf l'extrême droite dont nombre de dirigeants sont en taule.

Médiapart rapporte cette réunion: "Pendant près de sept heures, il s'est entretenu à huis clos, derrière les murs du palais Maximou, avec les chefs des principaux partis politiques. Seule Aube dorée, dont les dirigeants néonazis sont actuellement poursuivis par la justice, n'était pas convoquée à cette réunion.
Y figuraient en revanche le chef des Grecs indépendants Panos Kammenos (ANEL, souverainiste, anti-austérité, membre de la coalition gouvernementale), le chef par intérim de Nouvelle Démocratie Evanguélos Meïmarakis (droite conservatrice, opposition), le chef de Potami Stavros Theodorakis (« La Rivière », centriste, opposition), la dirigeante du PASOK Foffi Gennimata (socialistes, opposition) ainsi que le chef du parti communiste Dimitris Koutsoubas (KKE, anti-UE). Tout cela sous le patronage du président de la République (rôle honorifique en Grèce), Prokopios Pavlopoulos. Tous, à l'exception du leader communiste, ont signé la déclaration commune. "

Et voilà la déclaration commune pour les futures discussions avec Bruxelles, la BCE, le FMI, l'Eurogroupe et tutti quanti:

« le verdict du peuple grec ne constitue pas un mandat de rejet, mais un mandat de continuation et de renforcement de la proposition pour l'aboutissement d'un accord juste socialement et viable économiquement ».

Les signataires se sont accordées sur les objectifs suivants :

  • couverture suffisante des besoins financiers du pays
  • réformes crédibles avec pour critères le partage juste des charges et la promotion de la croissance, avec le moins de retombées déficitaires possible
  • programme de développement fort pour lutter en priorité contre le chômage et encourager l'entrepreneuriat
  • engagement à ouvrir une discussion objective sur la question de la viabilité de la dette publique grecque
  • priorité immédiate au rétablissement de la liquidité dans le système financier, en accord avec la Banque centrale européenne

Et Médiapart de conclure: "Autrement dit, le premier ministre grec fait l'union sacrée autour de lui pour maintenir la Grèce dans la zone euro."
 

L'Union sacrée, comme un peu beaucoup la CGT qui entre dans l'Union sacrée avec le patronat et la droite pour débuter la guerre de 14-18.

La CGT, ma confédération, vient de publier un communiqué ce mardi, 2 jours après la victoire écrasante du NON grec, mais sans doute après avoir cogité. Sinon, ça serait dommage...

Après le référendum en Grèce

Le peuple grec s’est exprimé avec clarté et fermeté : à plus de 61 % des voix, les électeurs ont rejeté les demandes de la Troïka.
Ceci est d’abord un refus de l’austérité imposée au peuple grec depuis plus de cinq ans. Ce sont les travailleurs, les plus pauvres et les plus faibles qui font les frais de politiques inspirées par l’idéologie néo-libérale.

Mais, il ne faut pas prendre ce vote pour ce qu’il n’est pas : le référendum ne portait ni sur l’appartenance à la zone euro, ni sur l’Union Européenne. Cette question n’était pas posée aux électeurs.

Les Grecs se sont exprimés en faveur d’une Europe plus solidaire, plus sociale, plus humaine, et surtout, plus démocratique. Ils ne conçoivent pas que leur destin soit dicté par des administrations qui composent la Troïka : la BCE, le FMI et la Commission Européenne, sans légitimité démocratique, et qui imposent même au parlement national des décisions.
Surtout, ils ne conçoivent pas que ce soient les travailleurs, retraités, et le peuple tout entier qui paient pour les folies d’un système financier déréglé et toujours plus avide. Quel triomphe pour la souveraineté d’un peuple après une campagne mensongère et méprisante dont les médias se sont fait largement l’écho !

Le programme que la Troïka tentait d’imposer à la Grèce contenait une nouvelle réforme des retraites, insistait sur une réforme du marché du travail, maintenait la casse du système de négociation collective, pesait sur l’emploi dans les services publics et augmentait la TVA pour tous, sans pour autant peser de la même manière sur l’impôt sur les sociétés.

Pourtant, plus personne n’ignore que la dette grecque n’est plus soutenable et que le pays ne sera jamais en mesure de la rembourser.

La proposition du gouvernement grec refusée par la Troïka, visait par contre à une plus juste répartition des richesses dans le but d’œuvrer à une véritable justice sociale, à l’égalité des droits, à la transparence politique et fiscale, bref : à la démocratie.

L’augmentation du salaire minimum, le rétablissement du treizième mois de pension de retraites, le renforcement des services publics, le développement de politiques en termes de logement et d’éducation font parties des mesures urgentes dont a besoin le peuple grec.

Ce vote des Grecs donne de l’espoir aux citoyens d’Europe qui sont sous le joug des programmes d’austérité et qui veulent s’en sortir. Les travailleurs de l’Europe toute entière peuvent désormais affirmer : oui, il y a une alternative !

Pour la CGT, la réponse à ce référendum doit être la concrétisation de cette alternative : une Union Européenne sociale, juste, solidaire et qui protège les plus faibles et prend en charge les plus pauvres. Une Union Européenne qui promeut les droits des travailleurs, l’emploi et un travail de qualité.
L’amélioration de la situation économique passera forcément par l’amélioration de la situation des populations et le rétablissement de leur pouvoir d’achat.

Il s’agit maintenant de rester vigilant pour que l’expression démocratique du peuple grec soit respectée et mise en œuvre. Ceci concerne tous les Européens désormais.

Montreuil, le 7 juillet 2015

 

A lire aussi le blog de Canaille le Rouge...

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