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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Mai-juin 1941, les mineurs du Nord-Pas-de-Calais dans la France occupée: pas de charbon pour les boches!

A cette date, le gouvernement du maréchal Pétain collabore sans vergogne avec le Reich nazi depuis l'entrevue à Montoire avec Hitler, le 24 octobre 1940. C'est dire si l'économie française travaille pour l'économie de guerre allemande. De ce fait, dans le Nord et le Pas-de-Calais, les compagnies minières sont engagées dans cette politique collaborationniste et extraient chaque jour 93 000 tonnes de charbon pour l'Allemagne.

Déjà, le 1er mai 1941, le PCF clandestin avait appelé les mineurs à une journée de luttes contre le "double joug de la domination capitaliste et étrangère." Des inscriptions étaient apparues sur les murs et des drapeaux rouges avaient flotté au-dessus des corons. Le 15 mai 1941, ce même PCF, depuis sa clandestinité, fondait dans notre pays, le Front national de lutte pour l'indépendance de la France "contre l'oppression nationale subie et contre les traîtres au service de l'envahisseur".

Lorsque les houillères de Dourges décide de réintroduire le paiement des ouvriers à l'abattage par équipes, la grève démarre et s'étend à tout le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, impulsé par le PCF et le syndicat clandestin. Début juin, 100 000 grévistes (Français et étrangers), soit 80% de la corporation; des cahiers revendicatifs déposés; des femmes défilant pour appuyer cette grève.

Le 6 juin 1941, les Allemands déclarent l'état de siège et un climat de terreur s'installe dans les mines et les corons. L'administration française et ses forces de l'ordre collaborent avec les nazis. 

Les femmes et mères de mineurs sont arrêtées les premières et emmenées à Lille ou Valenciennes comme otages. Quant au bilan des arrestations, il est impossible à préciser. La population cache les grévistes, les autorités alternent les menaces et les tentatives de conciliation, promettant l'impunité à ceux qui acceptent de redescendre au fond.

400 mineurs sont transférés à la forteresse d'Huy, dont 270 déportés immédiatement à Sachsenhausen, dont peu reviendront, à commencer par les 26 qui périssent pendant le transport. La répression se poursuit : les Allemands fusillent des dizaines de mineurs, traqués de la fin de la grève jusqu'en octobre 1941. Les femmes, filles, mères de mineurs s'entassent dans les prisons de toute la région.

Cette lutte héroïque bat en brèche les théories des pseudo historiens sur l'entrée dans la Résistance du PCF au 21 juin 1941, quand le Reich nazi attaque l'URSS. Oublier aussi cette collaboration du patronat participe à une réécriture négationiste de l'histoire de notre pays. Enfin, oublier la grève des mineurs, c'est taire la plus importante mobilisation ouvrière en France occupée contre le régime de Vichy et les Allemands. Car, du 27 mai au 10 juin 1941, cette grève des gueules noires du nord de la France revêt une indéniable dimension patriotique.

A l'heure, ou d'aucun cherche ailleurs des repères de résistance et d'espoir, n'oublions pas cette révolte de la classe ouvrière, quand l'horizon était borné de noir, de souffrances et de sang.

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