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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Grèce: accord toujours gagnant-gagnant avec l'EU et le FMI?

En Grèce, lors des dernières élections législatives, le peuple souverain a chassé du pouvoir la coalition droite-socialiste, la même qui gère loyalement le capitalisme au niveau de l'Europe au détriment du progrès et de la justice sociale. Alexis Tsipras et son parti Syriza s'étaient présentés devant les citoyens grecs avec un programme anti-austérité que d'aucuns qualifiaient de gauche radicale.

Mais voilà, pour demeurer dans l'UE et la zone euro, tout en ne rejettant pas d'être lié à l'OTAN, bras armé de l'impérialisme US, le gouvernement grec vient de faire des contre-propositions, que d'aucuns qualifient toujours de gauche radicale, aux propositions (sic) capitalistes émanant de l'UE dirigée par l'Allemagne et du FMI lui par Christine Lagarde.

Naturellement, toute ma solidarité internationaliste va au peuple grec sous le joug de la pire austérité imposée par le capitalisme, ce capitalisme qui fait fi de la démocratie sortie des urnes dans ce pays. Car est là tout le noeud du problème: respect du vote des citoyens ou discuter sur les diktats du capitalisme européen.

Je ne suis pas un jusqu'auboutiste ni ne me cache derrière la grève générale pour rester ses pieds dans le même sabot. Mais de compromis en compromis avec l'UE et le FMI, le gouvernement grec ne se perd-t-il pas dans la compromission, en essayant d'humaniser ces outils du capital?

Le Smic, abaissé sous la droite et le PS, a-t-il été revalorisé en Grèce, les privatisations stoppées? l'Eglise et les armateurs sont-ils imposés sur les grandes fortunes? La TVA ne va-t-elle pas augmentée et la retraite maintenue à 67 ans? Quant aux cotisations sociales payées par le peuple qui souffre...

Naturellement, c'est au peuple souverain de Grèce de décider de son avenir. Mais lui faire prendre des vessies pour des lanternes n'est pas le moyen pour voir plus clair et avancer vers le progrès et la justice sociale.

Sur Canaille le Rouge, j'ai lu un article de Médiapart:

"l'aile gauche du parti, qui a joué la loyauté à la ligne Tsipras pendant les premières semaines d'exercice du pouvoir et avait mis en sourdine ses thèses de sortie de la zone euro – même si elle avait déjà vivement exprimé son scepticisme face à la première mouture d'accord du 20 février – monte cette fois-ci au créneau. Dans un entretien au journal allemand Die Zeit, le député et économiste Costas Lapavitsas, favorable depuis longtemps au retour à la drachme, a assuré qu'il fallait que la Grèce sorte de la zone euro pour que son économie reparte. L'accord en vue avec les créanciers ne fera pas du tout « revenir la croissance », selon lui. « Comment pourrons-nous retourner dans nos circonscriptions et l'expliquer à nos électeurs si nous signons un tel accord ? » s'interroge-t-il. Car l'écroulement d'un parti de centre-gauche, en Grèce, a un précédent. Artisan des programmes d'austérité depuis 2010, le PASOK (socialistes) est passé en quatre ans de près de 40 % à quelque 6 % des voix. Ses députés, pris à parti par leurs électeurs, ont progressivement limité leurs apparitions publiques dans le pays. Les députés Syriza ont bien conscience qu'en validant un accord qui ne s'écarte pas significativement du chemin de l'austérité, ils risquent de connaître le même sort…

Le jeune député Dimitris Kodelas y est allé également de son commentaire, sur son compte Facebook. « Nous n'avons pas le droit de contrecarrer les attentes de notre peuple en terminant le programme laissé par nos prédécesseurs pro-austérité, a-t-il écrit ce mardi matin. Je continue de penser que pour la survie, la dignité et la reconstruction du pays, la condition est la libération du régime d'austérité. »

Et en lien, l'article de Canaille le Rouge...

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