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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

A la classe ouvrière et à tous les miens qui en furent

MES CAMARADES

Postés
Broyés
Nuit
Matinée
Journée
Et recommencer
Sans répit.
Temps imposé
Sous la pierre éternelle de l’usine
Coupés des veines de la vie
Dans l’odeur brûlante des machines
Spectres
Privés de rire et de couleurs
Souffrant dans votre chair
Comme des chiens perdus.
Qui reconnaît votre trace en ce monde égaré
Où il faut paraître et ne plus être
Quand chacun redevient son fantôme
Et ne retient plus rien à rien ?
Qui raconte votre histoire
Et votre songe invulnérable
Pour remettre le printemps à l’endroit
Et croire au bonheur des autres avec le sien ?
Vous
Mes camarades de la classe ouvrière
Tout le soleil de vos fruits éclaire mon cœur et mes pas.

A mon père, ouvrier d’usine, décédé à 53 ans.

Roger Colombier

 

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sorcière and co 15/06/2015 20:09

beau texte pour des gens qui le valent bien;Oui, c'est vrai des conditions de travail abominables où le coeur serré, on sent son énergie se tarir.
Mais fierté d'appartenir avec ses camarades à une vaste compagnie, solidarité, bonheur malgré la souffrance, fierté de son métier, de son travail, et des produits que nous avions fabriqués.je me souviens, la cellophane m'appartenait et voyageait dans le monde entier. Fierté qui n'empêchait pas de voir le vol patronal chaque jour de la valeur que nous apportions à cette socièté.Ce mot camarade garde toujours le pouvoir de m'émouvoir et de me faire trembler de joie

Guy 15/06/2015 10:07

Bravo Roger.

caroleone 15/06/2015 09:49

Merci pour ce texte Roger, pour ces textes.
Moi aussi, ça m'a parlé dans mes souvenirs et donné l'envie de coucher un de ses jours des traces de la vie ouvrière de mon père, du moins de ce que j'en ai ressenti en tant que fille. Il existe encore, merci bien, des gens pour qui l'ouvrier comptait, compte encore et pour lesquels ce mot, le mot de camarade ne sont pas mots désuets.
Amitiés
caro