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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Je n'ai aucune espèce d'amitié pour le système capitaliste et les banques qui en sont son instrument quotidien, avec la complicité des pouvoirs en place. Je mets dans le même panier aux crabes tous les traders qui boursificotent à la solde des organismes bancaires, trader dont fut Jérôme Kerviel pour la Société générale. Mais Médiapart vient de révéler que ladite banque a orienté l'enquête judiciaire et que la Société générale était au parfum des agissements de son trader qui lui aurait coûté, selon elle, la peau du cul.

Rappel des faits: le trader Jérôme Kerviel s'est vu condamné définitivement par la Cour de Cassation pour « faux, usage de faux, abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système informatique ». Cependant, sont annulés les 4,9 milliards d'euros de dommages intérêts qu'il aurait dû verser à son ancien patron Ouf! Mais l'Etat par le Trésor public, dont vous et moi, dédommage la Société générale avec un don de 2,2 milliards d'euros. Ben oui, la finance ce n'est pas l'ennemi de François de l'Elysée.

Ce que révèle Médiapart sont les déclarations auprès du juge René Le Loire, le 9 avril dernier, de la commandante de police Nathalie Le Roy qui avait enquêté sur cette affaire entre 2008 et 2012. Extraits:

"À l’occasion des différentes auditions et des différents documents que j’ai pu avoir entre les mains, j’ai eu le sentiment puis la certitude que la hiérarchie de Jérôme Kerviel ne pouvait ignorer les positions prises par ce dernier". La policière cite le témoignage d’un ancien salarié de la banque,  opérant au sein de l'entité "risques opérationnels" qui a assuré à l'enquêtrice que "l'activité de Jérôme Kerviel était connue" et affirmé avoir lui-même alerté, en avril 2007, soit 9 mois avant le scandale, Claire Dumas, adjointe au directeur des risques opérationnels, et d'autres par le biais d'un message électronique "avec une tête de mort pour attirer leur attention". Médiapart informe également qu'un ponitife de la banque aurait fait signer un papelard à des cadres sur motus et bouches cousues.
L’enquêtrice avait demandé en vain, par la voie de réquisition judiciaire, à recevoir les échanges entre Mme Dumas et les salariés par messagerie électronique.

La commandante de police ne s’était jusqu’ici pas exprimée de peur d’interférer avec la justice. C’est à la demande du juge d’instruction Roger Le Loire qu’elle a accepté de briser l'omerta, "à son grand soulagement. (...) J’ai eu le sentiment d’avoir été instrumentalisée par la Société générale" reconnait la commandante de police. "C’est la Société générale qui m’a dirigé tous les témoins".

Un témoignage qui pourrait retourner le procès Kerviel en procès de la Société Générale. Et pam sur le pif des organisations françaises qui militent pour humaniser le capitalisme.

Quand des banques feraient la justice dans la France de la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen

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aline 19/05/2015 09:44

Les banquiers ont du se former dans les BD et prendre modèle sur l'oncle Picsou, seulement ce n'est pas parce qu'on tient les finances d'un pays que l'on fait ses propres lois, il est tend que la justice mette de l'ordre. ALINE