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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le 19 mai 2015, contre la réforme des collèges

Le 4 décembre 2013, le énième ministre de l'éducation nationale demandait au Conseil supérieur des programmes scolaires des propositions et projets "bien articulés avec le socle commun de connaissances, de compétence et de culture". C'est Najat Vallaud- Belkacem, énième ministre +1 de l'éducaion nationale qui a reçu le bébé. Pile poil quand celle-ci veut réformer le collège aux forceps, en passant outre l'avis de l'ensemble des syndicats, sauf de la CFDT devenue portier en titre du palais de l'Elysée.

Sur les "propositions bien articulées" fournies par le Conseil supérieur des programmes, on pourrait en rire, tant la prose délivrée est à des années-lumières des graves difficultés que connait l'école publique. Jugez vous-mêmes...

Nager, c'est "traverser l'eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête dans un milieu aquatique profond standardisé". Ouf, standardisé qu'il a jacté le Conseil supérieur des programmes. Et pas dans une mare aux canards, des fois que les profs aient voulu y faire barboter les élèves. En technologie, les apprentissages "au cours des différents cycles de la scolarité obligatoire sont pensées de manière spiralaire et curriculaire". Bref, dans toutes les matières, l'élève devra produire des "messages à l'oral et à l'écrit" par des "actes langagiers". Allô, papa tango, me recevez-vous? Je plane grave en ce moment. Envoyez-moi un dico pour atterrir, j'ai des élèves à éduquer. Mais j'hésite entre le faire de façon spiralaire ou curriculaire...

Oui, on peut railler ce message langagier issu d'éminents cerveaux confectionnant des programmes scolaires. Mais l'école française est injuste et inégalitaire, sauf pour quelques uns et toujours les mêmes. L'école française reproduit la mauvaise société telle qu'elle est, où les intérêts particuliers des hors-sol, le tri social, les classements entre établissements scolaires n'ouvrent jamais la porte de l'éducation et de la culture aux couches populaires, hormis à de très rares exeptions.

Le 19 mai 2015, les syndicats de l'éducation nationale (FSU-SNALC-CGT-FO-SUD) ont raison de se mobiliser contre la politique droitière du gouvernement qui ne va rien arranger du tout.

Les parents d'élèves de la FCPE ont approuvé également cette réforme. Mais peut-être défend-t-elle des intérêts particuliers...

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