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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

L'Orient des lumières: Abu-l-Ala al-Maari Poète Syrien  973 – 1057

Les rets déternité

 

Réveillez-vous, réveillez-vous, ô égarés !

 

    Vos religions sont subterfuges des Anciens.

 

    Ils disent que le Temps mourra bientôt,

 

    Que les jours sont à bout de souffle.

 

    Ils ont menti – ils ignorent son échéance.

 

    N’écoutez pas ces champions de fourberie.

 

    Les gens voudraient qu’un imam se lève

 

    Et prenne la parole devant une foule muette.

 

    Illusion trompeuse – il n’est d’imam que la raison,

 

    Notre guide de jour comme de nuit.

 

    Peut-être dans les temples se trouvent-ils des gens

 

    qui procurent la terreur à l'aide de versets,

 

    Comme d'autres dans les tavernes

 

    Procurent le plaisir.

 

    Les lois divines ont semé parmi nous la rancune

 

    Et nous ont apporté toutes sortes de malheurs,

 

    Les corps vont à la poussière.

 

    Aucun savant ne sait où va l'âme.

 

    Malgré moi, je suis sorti en ce bas monde,

 

    Et mon voyage est pour un monde ailleurs.

 

    Cela malgré moi aussi, et Dieu m'en est témoin !

 

    Suis-je prédestiné, entre ces deux mondes,

 

    A accomplir une tâche,

 

    Ou suis-je libre de mes choix ?

 

    Raison - demeures laissées à l'abandon

 

    Ignorance - solides demeures habitées.

 

    La religion - commerce de morts.

 

    Pour cette raison, c'est un objet invendable

 

    parmi les vivants.

 

    L' égaré appelle impie celui qui ne partage pas sa foi.

 

    Malheur à lui ! Quel homme n'a pas connu l'impiété ?

 

    Le Livre est devenu trompettes des égarés,

 

    Et les versets, mélodies.

 

    Ils en ont joué, puis, dans leur infamie,

 

    Les ont agitées comme des épées

 

    Sur l'homme paisible qui veille

 

    Au clair de lune.

 

    Je ne blâme pas l'athée?

 

    Mais plutôt celui qui, craignant l'enfer,

 

    Persiste dans sa furie.

 

    La raison ne peut que s'étonner des lois,

 

    Qu'elles soient païennes, musulmanes,

 

    juives ou chrétiennes.

 

    Vos temples et vos bordels se valent.

 

    Loin de moi, Ô genre humain!

 

    Puissé-je rester sous terre et ne pas me lever

 

    Quand Dieu vous appellera à la résurrection!

 

    Quant à la certitude, elle n'existe pas.

 

    L'apogée de mes efforts se trouve

 

    Dans l'intuition et les pressentiments.

 

    J'ai poussé loin mes recherches

 

    Et mes investigations.

 

    J'affirme, malgré cela,

 

    Que je suis perdu et ignorant.

 

    Le mensonge a détruit

 

    Les habitants de la terre.

 

    Leurs descendants se sont groupés en sectes

 

    Qui ne peuvent fraterniser.

 

    Si l'inimitié n'avait été dans leur nature,

 

    Dès l'origine,

 

    Mosquée, église et synagogue

 

    N'auraient fait qu'une.

 

    La vérité est soleil recouvert de ténèbres -

 

    Elle n'a pas d'aube dans les yeux des humains.

 

    La raison, pour le genre humain

 

    Est un spectre qui passe son chemin.

 

    Foi, incroyance, rumeurs colportées,

 

    Coran, Torah, Évangile

 

    Prescrivant leurs lois ...

 

    A toute génération ses mensonges

 

    Que l’on s’empresse de croire et consigner.

 

    Une génération se distinguera-t-elle, un jour,

 

    En suivant la vérité ?

 

    Deux sortes de gens sur la terre :

 

    Ceux qui ont la raison sans religion,

 

    Et ceux qui ont la religion et manquent de raison.

 

    Tous les hommes se hâtent vers la décomposition,

 

    Toutes les religions se valent dans l'égarement.

 

    Si on me demande quelle est ma doctrine,

 

    Elles est claire :

 

    Ne suis-je pas, comme les autres,

 

Un imbécile ?

 

Note de ma pomme: En novembre 2007, son œuvre était interdite d’exposition au Salon international du livre d'Alger par une ordonnance du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs.

Le poème a été pris sur le blog de Hobo-Lullaby

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aline 21/04/2015 13:49

MERCI ROGER pour ce beau poème plein de bon sens Aline