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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

En débat mais

pas que des débats,

des questions qui attendent

des réponses et des actes

Questions politiques, dit Canaille le Rouge

C'est LE débat des plateaux télés. LA question posée à tous ceux qui se posent comme démocrates par ceux qui, à longueur d'années, font leur beurre, leur rente et secrète jubilation à lui servir la soupe : "que faire devant la montée annoncée du f-haine ?", comme s'ils n'en connaissaient pas tous les causes et donc les solutions pour le combattre.

Les canaillophiles ne vont pas recevoir ce qui suit comme une révélation tant Canaille le Rouge tape sur ce clou avec constance et force depuis l'origine de ses p@ges.

Imageons le propos :

La question est de savoir comment faire pour que, ceux qui ne votent plus, retrouvent le chemin des urnes et que dans l'arène politicienne, les taureaux qui, tentés de voter pour les toréadors, aillent encorner la matador à cape bleu marine, plutôt que de trouver séduisant son habit de cimetière ?

Les propos des troupes du f-haine, contrairement à ce que certains disent, ne sont pas des dérapages. Ils sont l'expression constante, consciente de pratiques idéologiques élevées au rang de stratégie. 

NON, ILS NE DERAPENT PAS, ILS SONT.

Qualifier cela de dérapages, participe de la banalisation, voir à une "absolution". Est-ce à dire que ceux des leurs qui ne parlent pas ainsi seraient fréquentables ?

Aujourd'hui, roule sur les réseaux sociaux des caravanes publicitaires de la dénonciation de ces faschos. Caravanes qui, par entassement et accumulation, lui font une pub inespérée.

Oui, il faut dénoncer, et le plus fermement possible. Mais comment dénoncer ? 

Revient alors aussi en boucle cette vieille expression : "Que faire ?".

Cent dix ans déjà que ce vieux Lénine la posait. Ses successeurs sur la planète ont pu se flétrir, la question et ses réponses ont beaucoup moins de rides.

Si la cause réside dans les effets dévastateurs de la crise, ferment des fascismes par la recherche d'un état fort lié à la mise à l'index de boucs emissaires chargés de tous les maux, épargnant parce que travaillant pour le Capital, la réponse n'est pas de savoir comment il faut peigner cette crise pour la rendre présentable, mais comment, si "peigner" est le bon terme, lui en administrer une peignée, en extirpant les causes.

Bientôt un demi siècle de revanche du capital qui rogne goulûment, tranche dans les outils de cohérence sociale, économique, confisque les richesses, broie les valeurs sociétales et les reconfigure pour répondre à ses besoins d’accumulation.

La montée de l'impasse de la désespérance est d'abord lié à l'évacuation du terrain politique des idées qui devraient non seulement nous en prémunir, mais faire disparaître cette glauque hypothèque de dessus nos têtes.

Mais les idées ne s'évacuent pas. Ce sont leurs porteurs qui ne sont plus là. Les uns parce que battus, les autres par désertion.

Devant une machine idéologique comme le fascisme, façonnée pour se couler dans tous les espaces de mise en fermentations, la question n'est pas de lutter contre mais de mobiliser pour autre chose qui détourne et stérilise l'hypothèse fasciste. Proposer une issue qui fasse objectif et que chaque pas vers cet objectif se traduisent par des avancées concrètes, au quotidien, en matière de revenus directs (salaires et pensions) ou socialisés : protection sociale, santé, prévention et accompagnement, droit au logement. Faire que les richesses crées par 95% de la population ne soient pas pour moitié confisquées par les 5% qui se gobergent.

De doctes économistes et autres politologue nous expliquent, le plus souvent par conviction (et à juste titre) que le programme du F-haine est mensonger.

Mais plutôt que de dire "ne trempez pas votre cuillère pas à ce brouet toxique" ,pourquoi ne pas regarder ce que nous allons ensemble nous même cuisiner ?

Cela a un nom, cela s'appelle une construire perspective politique. Se mobiliser pour la faire avancer. Cela, à coup sûr, éloigne des vapeurs méphitiques et des marais fangeux.

Ne pas s'atteler à ce chantier, c'est laisser libre l'espace pour le désespoir, le replis ou les explorations aventuristes et suicidaires.

Cela indique en creux ceux qui portent la responsabilité de la résistible ascension des Arturo Ui de St Cloud. Ceux qui se font élire pour les combattre et leur livrent des armes, ceux qui laissent les livreurs travailler et refusent de construire le projet alternatif tant ils sont persuadés que le rateau pour peigner est plus fort que la tronçonneuse.

Pour dessoucher ce genre de roncier, ce n'est pas un rateau qu'il faut, mais une pioche.

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