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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Dis, François de l'Elysée, ça boume pour les femmes en France

En ce 8 mars 2015, dans son palais de l'Elysée, le chef suprême de notre mauvaise république, a reçu une centaine de femmes. C'était pour la journée internationale des droits de la femme, comme a dit la presse libre et non faussée. Et non de lutte pour les droits des femmes. Il faut pas être trop révolutionnaire, même dans les mots, si on veut un jour avoir un ruban rouge sur le revers de sa veste toute masculine.

Ceci dit, la presse aux ordres a toutefois remarqué que François de l'Elysée n'a pas fait d'annonce majeure concernant les droits sociétaux et sociaux des femmes. Merde alors, qui l'eut cru, Lustucru!

Restons sérieux. Les Economistes Atterrés font un bilan de l'action gouvernementale. Extraits.

D'abord, les femmes de France n'ont pas accès à tous les emplois et certains leur sont particulièrement réservés: secrétaires, personnel soignant, agent d'entretien, grandes surfaces. Mais dans tous les boulots, malgré un niveau d'instruction plus élevé que chez le sexe masculin, les femmes sont surexposées aux carrières ralenties.

La précarité les touche de plein fouet, comme le temps partiel imposé. Près du tiers des femmes (30%) travaille à temps partiel contre 7% des hommes. En France, le salaire horaire des femmes est inférieur de 15% à celui des hommes, mais l’écart de salaire mensuel avoisine les 25% en raison de la fréquence du temps partiel.

Et, à poste, secteur et carrière équivalents, la différence salariale inexpliquée est estimée à environ 8%, alors que le Code du travail l'interdit

Les pays de la zone euro, faute de pouvoir dévaluer leur monnaie, optent pour des politiques dites de dévaluation interne, de compression des salaires et de flexibilisation des emplois. Ils s’engagent donc non seulement sur la voie de l’austérité mais aussi sur celle de la dérégulation du marché du travail.

Pour les femmes, c’est la double peine. Sur le front de la protection sociale d’abord, parce que leurs revenus dépendent davantage que ceux des hommes des transferts sociaux. Sur le front de l’emploi ensuite, parce qu’elles sont concentrées dans les secteurs les plus concernés par les mesures d’austérité (gel des salaires ou des recrutements dans le secteur public) et par la dérégulation de l’emploi.

La politique d’austérité et de réduction des déficits, engagée par le palais de l'Elysée comporte des effets plus délétères encore. Elle a ainsi entériné la poursuite de la réduction des effectifs et des gels de salaires dans la fonction publique où les femmes sont majoritaires : sur les 60 000 créations de postes d’enseignant/es annoncées, très peu ont vu le jour. Quant à la croissance du nombre de places en crèche, elle a été nettement moindre que prévu ; or l’insuffisance de l’offre d’accueil des jeunes enfants est un obstacle à l’emploi des mères.

Enfin, il y a autant de femmes au Parlement français qu'en Afghanistan.

Qui l'eut cru Lustucru. Mais ça, je l'ai déjà dit. Et pas pour en rire.

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