Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Airbus lowcost : crash humain, crash social et crack systémique, la faillite d'un modèle  économico-social  voulu  par le grand capital

Les lignes de Transavia, compagnie française lowcost d'Air France, sur son site. Cherchez l'erreur!

Derrière ces morts et la compassion, le temps de la retenue à avoir pour laisser les sauveteurs faire ce qui reste d'horrible dans leur travail, se profile un tsunami économico social de premier ordre.

Si le crash de l’Airbus est en soit une catastrophe des plus terribles de l'histoire de l'aviation dans l'espace aérien français, il va à coup sûr produire un séisme dont se serait bien passé les actionnaires des compagnies aériennes et leur traque à la baisse des coûts de production.

Lorsque les « majors » du transport aérien se sont les uns après les autres lancés dans le lowcost, un de leurs chevaux de bataille a été de réduire le personnel naviguant en cabine et de ramener de trois à deux les pilotes et mécaniciens à bord.

L'isolement dans le cockpit,, quelle qu'en soit la raison était rendu ainsi possible.

Au-delà de cette question de l'isolement, c'est tout un modèle économique qui s'est fracassé dans les Alpes de Haute-Provence.

D'où cette fébrilité politico financière, le défilé des grands commis du capital sur place et la raison des recherches véhémentes d'une piste terroriste conduisant à cette phrase surréaliste du procureur « terrorisme ? Je ne connais pas la réligion du copilote » (Un fasciste athée ne serait pas terroriste?)

Notons que, même si cette hypothèse devait se faire jour, cela ne retirerait rien à la démonstration qui suit permet, comme le soutient Canaille le Rouge, de classer le capitalisme sur la liste des organisations terroristes à traquer et éliminer.

Pour étayer ses propos, voici ce que disent les entreprises de conseil au lowcost aérien:

"Une politique de ressources humaines innovante La motivation du personnel est apparue comme un facteur essentiel de succès. Le modèle Southwest pouvait paraître plus contraignant que le modèle traditionnel, à la fois en termes de rythme de travail et de flexibilité requise. Southwest s’est attachée à promouvoir des méthodes de management très participatives et une politique de fort intéressement aux résultats de l’entreprise. Ainsi, Southwest en 1973 a été la première compagnie à offrir une participation aux bénéfices. Cet intéressement peut être utilisé afin d’acheter des parts de l’entreprise. Plus de 10% des parts du capital de Southwest sont ainsi possédées par le personnel….A chaque fois que Southwest est entrée sur un nouveau marché, en pratiquant des tarifs très bas, elle a stimulé systématiquement la demande de manière très forte, lui assurant d’excellents coefficients de remplissage. Et de même quand une nouvelle ligne a été ouverte sur une destination peu ou pas directement desservie, les taux de croissance de trafic ont été très largement supérieurs à la moyenne

Organisation Réseau Point à point organisé par base Réseau permettant une couverture mondiale (alliances et hubs) Réseau maillé dense Correspondances Courtes distances (en moyenne 800 kilomètres) Longues distances Aéroports Aéroports secondaires ou peu congestionnés Aéroports principaux Flotte Monotype, en général Boeing 737 Flotte diversifiée Forte densité de sièges (149 sur les B-737) Optimisation de l'utilisation des avions contrainte par la logique de hub Avions récents Taux d'utilisation élevé (plus de 11 heures par jour) Personnel Salaires motivants Gestion de ressources humaines plus traditionnelle Intéressement aux résultats, stock-options … Beaucoup de services de support Structure légère (télétravail, sous-traitance) Peu de sous-traitance Composition des équipages mimimum Beaucoup de systèmes d'informations Produit Clients Tous types de clients cherchant un bas prix Forte clientèle affaires, clients voyageant souvent

En revanche, le coût unitaire du personnel navigant – technique et commercial – de Southwest ou de Ryanair est proche en valeur absolue de celui des compagnies traditionnelles. Toutefois, étant donné le meilleur taux d’utilisation, les durées de travail sont plus importantes et le rendement s’en trouve mécaniquement accru. Par ailleurs, le parti pris de flotte unique implique et permet de réduire les dépenses liées à la formation et aux changements de qualifications pilotes."

"Si on pouvait faire du low-cost avec les règles de fonctionnement d’une compagnie traditionnelle, cela se saurait ! (…) Il n’est donc pas possible d’aller travailler chez Transavia aux conditions d’Air France, sauf à tuer Transavia."

 

Rappel: Les pilotes d’Air France ont fait grève pendant deux semaines pour s’opposer au développement de la filiale low cost de la compagnie, Transavia. Les exemples des compagnies à bas coût européennes, Ryanair et Easyjet en tête, laissent craindre le pire. Car l’ascension du low cost se fait partout au détriment du droit du travail et des protections sociales. Dans le même temps, ces compagnies bénéficient de millions de subventions publiques, optimisées dans des paradis fiscaux. L’avenir du transport aérien européen prendra-t-il des allures de crash social ?

Suite de l'article sur le blog de Canaille le Rouge:

Commenter cet article