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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Dialogue social à la Poste: la révocation d'un syndicaliste

Le 13 janvier 2015, Yann Le Merrer, quarante-trois ans, fonctionnaire et secrétaire départemental adjoint SUD PTT des Hauts-de-Seine, s’est vu notifier chez lui par huissier sa révocation par La Poste pour faits de grève.

Du jamais-vu depuis 1951. À cette époque, Georges Frischmann, secrétaire général de la CGT des PTT, et un autre syndicaliste CGT, René Duhamel, avaient été révoqués pour avoir signé une déclaration en faveur de la paix pendant un voyage en RDA !

Si La Poste est coutumière des méthodes expéditives et brutales envers les représentants du personnel, un cap vient d’être franchi en matière de discrimination antisyndicale. Les faits reprochés à Yann Le Merrer relèvent simplement de l’exercice de son mandat : intrusions répétées pendant les heures de service dans plusieurs établissements postaux, prises de parole, refus de quitter les locaux en dépit des injonctions.

Pour Régis Blanchot, administrateur de SUD PTT, « avec cette révocation, un tabou est tombé. Il devient presque impossible de mener une action syndicale à La Poste. Il faut prévenir 48 heures à l’avance pour ­distribuer un tract, sinon on vous interdit d’y entrer ! L’ensemble des organisations se plaignent de la répression ». Yann Le Merrer affirme : « C’est dans notre pratique d’aller voir les agents de centre en centre, d’intervenir en cas d’urgence. Comme La Poste nous interdit tout, nous sommes en faute en permanence. L’entreprise ne veut plus des militants de terrain, elle veut les éliminer. »

Cette répression violente s’est accentuée depuis la première étape de la privatisation du groupe, avec le changement de statut en société anonyme à capitaux publics, le 1er mars 2010. Un revirement stratégique avec la mise en avant de la Banque postale comme locomotive du groupe, au détriment de ses activités historiques.

Pour Bernard Dupin, administrateur de la CGT:« Philippe Wahl, PDG de La Poste, n’a cessé de tailler dans la masse salariale et de sanctionner pour un oui ou pour un non. Cette sanction fait remonter à une période sombre de notre histoire, on ne peut pas accepter cette situation ». Parfois, La Poste tombe sur un os. C’est le cas de Mohamed Yaqoubi, facteur et militant CGT à Saint-Jean-de-Védas (Hérault), qui avait dénoncé le non-paiement des heures supplémentaires des facteurs. Il vient d’obtenir la reconnaissance de son licenciement « sans cause réelle et sérieuse » par les prud’hommes de Montpellier. La Poste devra lui verser 40 000 euros de dommages et intérêts.

Pour Yann Le Merrer, le combat ne fait que commencer. Un recours va être déposé en référé auprès du tribunal administratif. SUD PTT à Marylise Lebranchu, ­ministre de la Fonction publique, pour demander la levée de la sanction.

Pour Nicolas Galépides, secrétaire général de SUD PTT :« Ça fait deux ans que nous demandons un rendez-vous à l’actionnaire majoritaire pour parler de la liberté ­syndicale. L’entreprise impose ses propres règles, à tel point que les syndicalistes de La Poste ont moins de droits que les autres militants en France. »

Source: l'Humanité

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