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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Mais je n'ai pas besoin d'un François Hollande ou d'un Nicolas Sarkozy, acteurs d'un monde injuste, pour dire toute ma solidarité militante à Charlie Hebdo, à ses martyrs d'une France laïque et éclairée, aux deux policiers lâchement assassinés, et à tous leurs proches.

Je n'ai nul besoin d'un actuel président de la République ou d'un ancien, pour crier ma haine contre un attentat fasciste.

Depuis sa création, Charlie Hebdo fut en lutte contre toutes les formes du fascisme. On se rappelle que l'un de ses journalistes reçut une balle dans sa boite aux lettres parce qu'il avait irrité le parti des Le Pen et consorts. Charlie Hebdo eut aussi à endurer pas moins de 13 procès contre l'extrême droite catholique. Et le Conseil du culte musulman ne s'est pas du tout grandi, lors de son procés retentissant en 2006 contre l'hebdomadaire progressiste, suite à la parution  des caricatures de Mahomet, procès qu'il perdit.

En 2011, les locaux de Charlie Hebdo furent incendiés. Comme un bûcher pour génocider la pensée, ces flammes soi-disant purificatrices chères à l'Inquisition ou au nazisme.

En France, comme dans le monde, la liberté de conscience doit être totale, que l'on croit au ciel ou qu'on n'y croit pas. Mais la liberté d'expression démocratique et la laïcité sont également essentielles dans une démocratie.

Aussi, je n'ai aucunement besoin d'un François Hollande ou d'un Nicolas Sarkozy pour combattre la barbarie fasciste d'où qu'elle sorte et le racisme sous toutes ses formes, dans lesquels le capitalisme, qu'ils servent, se repaît.

Oui, je suis pour une véritable république démocratique, sociale, laîque et solidaire et ne me reconnais nullement dans la France d'aujourd'hui aux ordres du marché et de l'injustice.

Hier le Paris de la liberté

Hier le Paris de la liberté

Et comme dit Canaille le Rouge dans son article, PARIS NE FUT JAMAIS AUSSI BEAU QUE FAISANT ROULER SA COLERE:

Paris 17h00, Canaille le Rouge débarque sur l'esplanade André Tollet de la Place de la République. Ce qui vous attrape, c'est ce calme. Une atmosphète qui vous prend aux tripes.  La place en peu de temps est de moins en moins praticable tant la foule arrive et s'y presse.

A chaque vague sortant des bouches de métro, à mesure que la nuit finit d'envahir l'espace, le silence se densifie.

Seules les sirènes des véhicules de police en déchire l'épaisseur.

Des gens venus de partout. Au départ des têtes connues qui au fur et à mesure se diluent dans un océan d'anonymes. Au loin, des fanions de la LDH, quelques drapeaux de l'UNSA. ceux de la JC qui s'agitent. Partout des scans ou photopcopies portant les unes de Charly Hebdo. Parfois émmergeant du silence, le titre du journal est scandé comme un manifeste.

Devant moi, point d'ancrage, un noyau de syndicalistes parisiens de la CGT. Pas un ne parle des débats du jour, coté Montreuil. Tous ont à coup sûr des élements à échanger, disputer, aucun n'en parle. La fierté malgré l'intensité d'aiutres questions d'avoir vu leur oprganisation être parmi les premiers initiateurs de ce rassemblement. La CGT comme on l'aime.

De partout, nouveau baromètre, crépitent les flashs des téléphones qui jouent leur Doisneau.

Entassement qui fige l'espace, et d'un coup, pas vu pour La Canaille depuis la manif d'après l'attentat de la rue Copernic, le coeur de la place qui se dilate et déferle sur la chaussée à pousser les cordons de police débordés.

Tout est maintenant bloqué. Il est 18h00.

Commence à alterner des salves d'applaudissements façon hommages espagnols, puis des mots d'ordres scandés au pied de la statue, repris à  contre temps coté Bd Voltaire avant de rebondir Faubourg du Temple ou vers les grands boulevards, criant la volonté de garder la liberté d'expression (!) celle de la presse, fortement repris. Suivi d'une nouvelle chappe de ce silence, épais, matelassé comme porte de ministre, élastique que rien ne peut traverser.

Aucun mot d'ordre de haine ni de rejet ou de stigamatisation. Cette dignité populaire pèsera à coup sur sur les positionement ultérieurs.

C'est un Paris de ces jours qui marquent. Où se croisent les antagoniques absolus  d'hier qui ensemble ce soir disent le même non.

Un Paris populaire ou ceux qui sont passé après la sortie du travail avant de se jeter vers les RER croisent ceux qui ont pu passer par chez eux avant d'arriver.

Des empoyés du commerce s'informe auprès de cheminots. Des syndiqués de la RATP sont de la partie comme ceux de la poste ou des télécoms. Un groupe des hopitaux parle des arrivées des victimes aux urgence, des enseignants entre deux vagues d'applaudissement et une période de silence évoque ce qu'il vont dire demain dans leur classe.

Oui, de l'émotion, comme laché à la truelle sur le rampart à contenir l'obscurantisme et la haine. Avec de la fierté portant une colère froide qui sert de liant, partagée par tous :  cette stigmatisation des salauds qui, claque cinglante dans leur figure, ne seront nulle part sur la place communautarisé.  

La journée, terrible, montre un peuple debout qui fait savoir qu'il reste campé sur ses valeurs. 

Et je m'en voudrais de ne pas citer Pablo Neruda:

Généraux
Traîtres :
Regardez ma maison morte
Regardez l'Espagne blessée.
Mais de chaque maison sort un métal ardent
En guise de fleurs,
Mais de chaque blessure de l'Espagne
Sort l'Espagne,
Mais de chaque enfant mort sort un fusil avec des yeux,
Mais de chaque crime naissent des balles
Qui trouveront un jour la place
de votre coeur.
Vous demandez pourquoi ma poésie
Ne parle pas du songe, des feuilles,
Des grands volcans de mon pays natal ?

Venez voir le sang dans les rues,
Venez voir
Le sang dans les rues,
Venez voir le sang
Dans les rues !

Oui, regardez mes amis et camarades, la France blessée mais debout!

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Serge des bois 09/01/2015 13:15

Bonjour Roger,

Dans cette période où une unanimité de façade vise à faire oublier la réalité des choses, il est réconfortant de lire des articles comme le tien.

Ceux qui sont responsables de la situation horrible que nous vivons, conséquence de la politique qu'ils ont mise en place pendant des années (voire les siècles d'esclavage et de colonisation) voudraient faire oublier leur responsabilité. Ils prétendent incarner LA France, alors que, comme Ferrat l'a si magnifiquement chanté, il n'y a pas LA France mais UNE France de la solidarité opposée à celle aux ordres du capital. La France de la Résistance opposée à celle de pétain.

Nous sommes encore quelques uns, heureusement, à savoir que le consensus de façade n'a d'autre but que de tenter de faire oublier à la France du travail la responsabilité de la France du Capital.

Fraternellement.